mercredi 13 mars 2013

Episode 4 : ARTIFICIAL VERSUS NATURAL

AVERTISSEMENT : Toute ressemblance avec des personnes ou des lieux existants est une pure coïncidence fortuite telle l'univers aime à nous en gratifier. Tout a germé dans mon esprit fertile, d'ailleurs, je suis en train de rêver... ou de cauchemarder, c'est selon...



      D'humeur volcanique today, suite à quelques envahissements de voisinage indésirables, j'ouvre les yeux sur l'évidence qui m'entoure dans cet appartement : tout crie un besoin de retour à la nature ! ( transfuge aussi de ma propre envie, sans aucun doute).


L'ordre extrême qui règne ici est plutôt agréable pour moi, je veux dire, je n'aimerais pas un appartement en bordel inoui, et dénote d'une volonté de contrôle forte. Pour parler sans ambages : ce n'est pas du tout mon style, ça manque cruellement de vie et d'originalité ! Si la nature n'a pas sa place ici - trop sauvage et incontrôlable -, elle est pourtant beaucoup représentée... Les tableaux parfaitement encadrés au mur représentent des animaux sauvages, des fleurs, des papillons, des arbres... La figure de l'envol, de la libération s'y lit : un elf qui déploie ses ailes, une grenouille qui saute d'un nénuphar... Mon regard se pose sur une plante proche de moi : un manguier, comme chez moi ! Sauf qu'il est en bois, celui-là, comme les fleurs du salon, tandis que le sapin sur la terrasse est en plastique.


Des centaines de livres occupent les murs : pour la plupart traitant de développement personnel. « Comment gagner de l'argent en faisant ce qu'on aime ?, Comment attirer ce qu'on veut ?, Comment se faire des amis influents ? Comment manipuler ses proches ? Comment écouter son intuition ?, Comment trouver un mari ?, Comment s'autoriser à vouloir ce qu'on veut ? Comment laisser son intuition nous guider vers ce que l'on mérite de vivre afin d'exploiter son potentiel au maximum ? (Je m'emballe un peu, excusez mon enthousiasme, mais tant de possibilités à portée de main, ou de livre, plutôt, ça laisse pantoise...).

La chat semble de plus en plus heureux, il se lèche même un peu de temps en temps, comme un chat normal (ou peut-être que c'est considéré comme dégoûtant aux Etats-Unis de se laver de cette manière pour un chat ?!)et vient se blottir sur mon ventre quand je lis. Je peux même dire qu'il prend soin de moi depuis hier, m'ayant vu si désespérée. Il me regarde amoureusement, et paraît de moins en moins désorienté quand je lui tends ses « gâteries » sans lui avoir demandé préalablement de faire un triple salto arrière. It's free, my friend ! Il semble avoir perdu contact avec ses instincts.
Beaucoup d'objets, de CD et de magazines sont en rapport avec la notion d'intuition. Amy, celle qui habite ici, est une thérapeuthe orientée sur la quête d'intuition. De quoi donner envie de crier : arrête d'engranger des lectures et ose ! Sens ! Vis ! Les conseils et méthodes pour se connecter à soi-même sont valables un temps, mais le plus important est l'instant présent, non ?!.

Je décide de sortir dans le centre commercial géant qu'est cette charmante ville (la politiquement correctes« Baie des Casse-Noisettes » )
Installée à la terrasse d'un café pour écrire, je ne peux m'empêcher d'être horrifiée par toutes ces connes choucroutées et surmaquillées qui passent dans la rue. L'artifice semble roi ici. Est-ce considéré comme une qualité ? La mienne étant d'être la plus naturelle possible, fidèle à moi-même, c'est un véritable CHOC DES TITANS. J'ai bien peur que l'énergie dégagée provoque un tsunami ! Si Andrea Boccelli pouvait arrêter de s'époumoner dans les rues, ça nous ferait des vacances ! (oui, à Bisounours city, les rues sont sonorisées ; le silence, c'est bien connu,ça angoisse !). Chaque individu a des sacs au bras, un gobelet à la main, un brushing impeccable, le cheveu brillant, la bouche lipstickée, des lunettes de soleil de marque, et arbore une petite touche printanière dans sa tenue du jour : l'orange et le vert semblent à l'honneur ! Ils sont seuls ou par deux, ne discutent pas, et malgré mes vaines tentatives pour engager la conversation, ils se limitent à une réponse polie, sans aucune envie apparente de partage. 

Je tente de repérer quelques tenues originales, quelques piercings ou tatous, qui dénoteraient une volonté d'individuation salutaire pour moi en ces temps de solitude intellectuelle ... peine perdue ! Depuis six jours : aucun ! Si ce n'est hier, une serveuse dans une pizzeria, avec qui j'ai bavardé un bon moment, native de San Francisco et habitant là depuis trois ans, qui m'a confié comme un secret honteux, qu'elle trouvait les gens bien peu sympathiques ici, et qu'elle ne s'était quasi fait aucun ami.


But the little frenchy n'a pas dit son dernier mot... Qui vivra verra !

                                                                                                                                                             EM
Ps : Et attention au Tsunami !
Ps 2 : Une jeune fille est en train d'écrire à côté de moi depuis deux heures, elle me regarde souvent. Alors j'essaie d'engager gentiment la conversation, elle me répond à peine, très polie et souriante. Je ne le prend pas personnellement du tout, je vois bien que c'est la façon d'être ici. Rien. Elle est toujours là, seule. Elle me regarde encore. On ne discute pas. Elle est la 5ème personne depuis ce matin avec qui j'essaie de discuter un peu... Serais-je une lionne au milieu d'un troupeau d'éléphants, désespérée de ne pas parler le même langage ? Où est ma tribu ? Ou mon lion ? Ou mes lionceaux ? Grrrrrrrrrrrrrrrrraooooooooowwwwwwwwwwwwwwwwww............

lundi 11 mars 2013

EPISODE 3 : COMME UN LION EN CAGE


        Au moment où je veux poster ça, j'apprends une triste nouvelle... Coincidence ? J'ai écrit ce texte hier, et aujourd'hui, j'apprends que Fretti est morte.




Ça me révolte, en fait, ce chat enfermé dans un appartement, qui n'en sort jamais, et qui pour semblant de nature, grimpe dans une cabane en moquette (en plus d'être une atteinte au bon goût!).
J'ai envie de l'emmener dehors, pour sniffer un brin d'herbe (qu'il connaisse ça au moins une fois avant de mourir, à défaut d'avoir copule avec quelques femelles...), plutôt que lui donner ses vitamines et moucher son nez. Il ne se lèche jamais, comme s'il ne savait pas faire... Sa fourrure est bizarre, de ce fait. Il prend des bains, alors il n'est pas vraiment sale... Mais il ne sent pas bon la mousse et les bois, comme un chat normal qui traîne dehors.


Miou-Miou, la chatte que j'avais enfant, sentait la vache le matin, car elle passait sûrement ses nuits dans une étable. C'était une bonne odeur, dans son poil brillant, une légère effluve, qui nous amusait beaucoup. On se moquait gentiment d'elle : « Tu pues la vache, Miou-Miou ! »

Fideua, ma chatte Réunionaise, elle, passe son temps à se lécher, tranquillement installée sur mon lit ou sur le canapé. C'est une chatte d'intérieur, sans doute a-t-elle trop courru dans une autre vie. Ou a-t-elle trop été sans foyer fixe ? Quand je l'ai recueillie, un jour de Noël, à La Réunion, elle était maigre, malade (une sorte de pelade), et semblait désespérement vouloir s'installer dans ma maison. Elle en a fait son foyer ! Comme quoi, la persévérance paie... Son poil soyeux noir et blanc sent toujours bon, et j'apprécie la petite toilette qu'elle s'octroie systématiquement avant de monter sur mon lit, quand elle revient du dehors. Elle vit maintenant en Bourgogne. Elle a du avoir bien froid la pauvre,pour sa première saison en métropole, cette petite chatte tropicale, elle qui a l'habitude de la chaleur, et de grimper aux papayers. Elle aime les gens, elle est sociable sans jamais se compromettre. Elle se sent chez elle facilement, elle investit les lieux et gagne le cœur de tous ceux qui l'approchent. C'est magique. Je la revendique plus que toute autre, celle-là. Elle est mon double animal, un reflet de mon âme incarnée en chatte.


Fretti, elle, avec son fin museau toujours chaud et sec, et son regard qui louche tant qu'on a envie de fredonner du Dalida dès qu'on la voit, sent bon la terre et l'écorce. Elle aime crapahuter la nuit, et entrer dans ma chambre vers quatre heures du matin. Elle est toute légère, vive et si câline en même temps. Elle sait vivre ! Elle est une image du bonheur, de la légèreté et de la bonne santé, concentrée en un tout petit corps nerveux. On l'appelle la ratounette. Elle sait ce qu'elle veut, mais ne s'impose jamais aux autres. Elle fait son chemin avec discrétion, et est appréciée des autres chats, avec qui elle joue. Cette chatte passe des heures à jouer et faire des farces à ses copains.

                                     


Tandis que Bob, lui, n'a aucun copain dans l'appartement. Il va l'après-midi chez la vieille voisine d'à côté, mais dans un univers tellement convenu que ça en fait peine. Il a du se conformer aux rites humains pour vivre, ce chat. Jusqu'à oublier qui il est. Il possède des paniers entiers de souris en plastique, de balles, d'objets sensés l'amuser. « L'entertainment » américain s'étend aux animaux de compagnie. Bientôt, ils vont vendre aussi de la musique pour plante d'appartement, et des vitamines pour bien faire sa photosynthèse la nuit !
Il m'a reniflé avec curiosité ce soir, comme je rentrais de ma promenade dans la nature. Il semblait excité par les brins d'herbes sur mon pull...
J'avais perdu l'habitude de la litière, quelle puanteur ! Et quelle contrainte ! Cela me semble anti-naturel. Fideua, bien que chatte de ville habitant en maison, m'a toujours épargné de m'occuper de ses besoins. Elle s'en occupait elle-même, descendant dans la rue ou par le jardin derrière, très proprement et discrètement. J'avoue que j'appréciais énormément cela, et que cela a comme renforcé notre amour. Elle ne se rendait pas dépendante de moi pour ses besoins naturels, et gardait ainsi une certaine classe à mes yeux. Et la classe est quelque chose de très important chez un chat. La distinction et l'élégance, dans un gant de velours. Alors arrêtons les cabanes-grattoirs géantes en moquette triple épaisseur et les lingettes pour désinfecter les pelles à merde, et laissons simplement la porte ouverte sur le jardin ou l'arbre au coin de la rue, et les chats s'en trouveront bien mieux !

EM


PS : synchronicité INCROYABLE(ment triste), je viens d'apprendre la mort de Fretti, la petite chatte merveilleuse qui louche. Ma peine est beyond words...
Spéciale dédicace pour la ratounette magique, I ll never forget U
http://www.musictory.fr/musique/Dalida/Laissez-moi+Danser

dimanche 10 mars 2013

EPISODE 2 : HAPPY BIRTHDAY IN AMERICA


      Je me réveille en bien meilleure forme. Contre toute attente, je me sens d'humeur festive, prête à célébrer mon anniversaire ! Et oui, c'est mon anniversaire ! Cette journée est la mienne, je vais faire TOUT ce que j'ai envie de faire. Après une séance de yoga et méditation enjouée, je me sens prête à aller explorer la ville où je loge.
La première chose que je fais, c'est de m'offrir le superbe bouquet de fleurs roses fushia qui me fait de l'oeil   dans la boutique. Et pourquoi pas, me suis je dit ? Aide toi et le ciel t'aidera. N'attends pas que quelqu'un te les offres.


Je m'étais habillée chaudement, tout en restant sexy, rouge à lèvre assorti aux moon boots (je déconne).
Et là, magie... Je me suis cru dans un feuilleton, ceux que je regardais quand j'étais ado, Beverly Hills par exemple. Mon cappuccino à la main, j'ai fait mon shopping de première nécessité, avec une joie de petite fille. Je suis aux Etats Unis, ça y est !! Je l'ai réalisé en lisant California sur les plaques minéralogiques. Pas du tout les mêmes voitures qu'à NY. Moins de berlines, beaucoup de 4x4, de décapotables. Tout est si propre, rangé, aligné. Le centre-ville rassemble de nombreux magasins et restaurants, très artificiel pour la française que je suis. Tout est neuf et clinquant. Je m'impatiente aux feux rouges, personne ne traverse avant que cela ne soit vert, comme en France... Je flotte, je souris à tout le monde, et beaucoup me disent good morning en me croisant. Les américains sont extrêmement serviables et affables. Pas de snobisme, personne ne vous regarde en coin si vous ne portez pas la tenue adéquate. Facile pour moi d'être classe, beaucoup sortent en jogging et polaires dans la rue. Le chic français, je comprends maintenant ce que cela signifie ! En demandant mon chemin, je me lie avec un homme charmant, un pilote de ligne, qui me propose spontanément d'aller boire un verre la semaine suivante à San Francisco. Quel plaisir cette spontanéité ! Dans la boutique où j'achète un adaptateur de prise, je discute une heure avec la manager, une jeune femme d'origine iranienne, et l'on parle de Marjane Satrapi, puis de l'Asie du Sud Est où elle a voyagé pendant 6 mois. Nous décidons d'aller essayer un nouveau restaurant grec quand elle aura fini son travail. Chouette ! Elle me demande pourquoi j ai des fleurs, à ma réponse elle s'empresse de me souhaiter un bon anniversaire avec un hug.
Je rentre tranquillement, non sans passer par le cinéma, un bon anniversaire ne peut se passer d'un bon film (qui s'averrra la croûte ultime : le film que vient de réaliser Dustin Hoffmann, mauvais à un point qui m'a laissée pantoise, tant j'aime cet homme). Je rentre dans quelques boutiques afin d' essayer des chaussures plus chaudes que les miennes, et c'est les soldes, je trouve une ravissante paire de bottines en cuir à 20$, pile ma taille. Je me dépêche de rentrer car j'ai un RDV skype avec mon amie espagnole, elle a entendu mon désespoir de la veille et aujourd'hui, je rayonne et suis heureuse de le partager avec elle aussi.
Je m'adapte en douceur, au froid, à cette atmosphère de banlieue chic, et décide d'en prendre ce qui me convient. Sentir que je suis libre de partir si je me l'autorise, m'a donné envie de rester !
En rentrant, la voisine sonne à ma porte avec un beau bouquet de jonquilles en me souhaitant un joyeux anniversaire (même s'il était superflu de me préciser qu'il faut cacher les fleurs la nuit au cas où le chat mâchouillerait les feuilles, peut-être toxiques) Puis c'est au tour de la voisine de droite, une bonne amie de celle chez qui je loge, de m'offrir des tulipes pour me souhaiter la bienvenue, et des chocolats ! Incroyable ! Je ne pensais pas en recevoir tant quand je disais « aide toi... »
Aujourd'hui, je suis heureuse de célébrer mon anniversaire dans ce nouvel endroit, celui que j'ai choisi de venir visiter, réaffirmant encore davantage ce pour quoi je suis faite dans cette vie. Ecrire ce que je vois de la vie afin de l'intégrer, et ainsi aider d'autres personnes à intégrer ce qu'elles vivent, pour évoluer.
Un anniversaire marque un cycle, propice au bilan, et aux souhaits de réalisations personnelles. Une manière de se repositionner dans la voie que l'on a choisi, encore, et encore....

Haight ashbury, SF

Savoir QUI je suis, ici, dans cet environnement si différent de celui qui résonne avec moi, c'est un cadeau. Je me souviens que quand je suis arrivée à La Réunion, mes premiers temps se sont faits dans une maison qui était le contraire de ce que je suis, dans une ville froide et inhospitalière pour moi (Le Tampon, tout un programme!).
J'ai décidé de prendre ce qui est disponible, et à me procurer le reste. Car tout est disponible dans l'univers, à celui qui sait ce qui lui convient, qui sait demander, qui sait recevoir.
Et je sais par exemple, que je suis un chat. Pas un chien. Et encore moins un chat qu'on essaie de transformer en chien !
PS : D'ailleurs, je suis sensée lui donner des bains à ce chat, il a même une serviette spéciale dans la salle de bain. Je vais plutôt lui apprendre à lire, qu'en pensez-vous ?

EM


EPISODE 1 : Et si les américains avaient la fâcheuse manie de vouloir changer les chats en chiens ?


     J'aime les chats car ce sont les plus sauvages des animaux domestiques, en tout cas, très différents du chien. Ils savent s'écouter, faire ce qu'ils ont envie de faire, sans chercher à plaire. Ils sont indépendants, réclament quand ils ont faim, ne bâfrent pas plus que de raison, et dorment tant, que c'en est presque indécent ! Envie d'un câlin ? Ils s'approchent à pas feutrés... Pas envie ? Un coup de patte et on ne les revoit plus pendant des heures...
Et moi, dans cette histoire, où suis-je ? Tout simplement ici, en Californie, dans une banlieue résidentielle chic au nord de San Francisco.
My american dream a commencé il y a des années, et j'associais tant de liberté et de créativité au nom de San Francisco, que je me devais d'aller y faire un tour. Je sentais que ma vie stagnait là où j'étais, et qu'un déménagement s'imposait... cela s'est fait naturellement, mais ce départ a généré des peurs et des attentes. L'inconnu total.
Mon arrivée à Chicago au beau milieu d'une tempête de neige a donné le ton :frisquet ! Quand j'ai atteri à San Francisco, mauvaise surprise : un froid glacial, de la pluie et du vent m'ont accueillie. Habitant une île tropicale depuis de nombreuses années, le contraste fut rude, d'autant que j'avais choisi la californie pour la clémence de son climat.
Pourtant, ce pays me réservait bien des surprises... Mon voyage débuta donc sous le signe des cadeaux.
Une des roulettes de ma valise ayant été cassée pendant le trajet entre Chicago et San Francisco, je le signalais à un agent, sans aucune autre idée que leur signaler. Ni une ni deux, il me dit qu'il allait me la changer. La roue ? La valise ? Epuisée, je ne compris pas bien... il me demanda mon nom, me fit signer un papier, puis me ramena une grande valise neuve, même mieux que la mienne, et me dit que cela serait ainsi plus rapide que s'il me réparait la mienne. J'étais abasourdie. En France JAMAIS ceci n'aurait pu se produire. Je suis repartie acvec mon cadeau (qui roulait décidément très bien), et après quelques pérégrinations, suis arrivée dans l'appartement que je vais occuper pour deux mois. Je n'ai rien aimé : ni le semblant de ville résidentielle que j'ai traversé, ni le côté compassé des bâtiments de la résidence. On dirait une ville du 3ème âge, pour mémés avec leurs caniches. L'appartement est ordonné au delà de l'imaginable, moquette épaisse partout, et une certaine oppulence s'en dégage, le jacuzzi et la piscine en témoignent. C'est confortable, pour le moins. Je m'y sens mal, instantanément. La propriétaire m'a laissée des feuillets entiers de précisions sur le fonctionnement de chaque chose... dont au moins quatre sur celui du chat.
Car oui, aux USA, les chats sont livrés avec un mode d'emploi.! Cela va de comment le caresser à comment compter les cuillères de complément alimentaire pour booster son immunité à mettre dans la pâtée, le tout biologique bien entendu... Puis, à lui donner ses petites « gâteries dentaires » (c'est traduit ainsi sur le paquet), qui sont sans soja, sans blé et sans hormones, of course !


Aux EU, j'ai remarqué que sur les paquets, on indique ce qu'ils ne contiennent pas avant ce qu'ils contiennent ! Un bon produit sera : gluten free, soya free, no corn, no wheat, no soy, no preservatives, no salt, no suggar, free range, pour les œufs : cage free, sans antibiotiques, sans hormones, sans stimulants (on précise même que cela convient au régime végétarien) etc etc.... Il règne comme un climat de suspicion sur la nourriture...
Des cadeaux m'attendent dans la cuisine :un frigo plein de bonnes choses à mon attention, ainsi qu'une carte de bienvenue et des sels de bains. Tant de charmantes attentions me touchent, mais me font sentir encore plus coupable de ne pas me sentir à ma place ici.
Pourquoi ? Et bien parce que s'il ne s'agissait que de moi, je repartirais aussi sec ! Le côté aseptisé ne me convient pas décidément pas.
Le lendemain, jet lag aidant, je suis maussade. Il fait si froid que je saigne du nez, l'air sec et frais sans aucun doute... je n'ai pas les vêtements adéquats...je tente une sortie, mais me perds dans les parkings de la résidence, et décide de rentrer au chaud, broyer du noir en mangeant ce qu'il y a dans le frigo. La voisine vient me montrer comment je dois m'occuper du chat, et que si je décide d'aller faire un tour, je dois lui laisser le chat, qu'il ne reste pas seul ( depuis quand les chats ne supportent pas d'être seuls?). Elle me montre son panier à jouets, ainsi que comment lui lancer une souris en plastique (pardon, en fourrure synthétique naturelle sans produits toxiques). Le chat possède sa propre maison au sein de la maison, une espèce de contruction à étages recouverte de moquette beige. De loin, j'ai cru à une isntallation d'art contemporain ! Je décide de ccommencer à lire les instructions que la propriétaire m'a laissé, mais m'arrête très vite, perdue dans les multiples explications concernant le chat : il sait faire des « tours » : assis, couché, donne la patte, remue les fesses... et là, seulement là, je peux lui donner une gâterie alimentaire (je le confesse, je lui ai donné une gamelle de gâteries, car elle ressemblaients aux croquettes bio. Oups ! Avec ce shoot de vitamines, il va courir partout !). Le soir, avant de le mettre au lit, je dois lui faire faire ses tours ( de magie?), et le matin, il a le droit de rentrer sous les draps, mais je dois avoir des gestes très lents, sinon il prend peur... Autre recommandations au hasard : ne pas laisser mon fil dentaire trainer dans la salle de bain, s'il joue avec il peut l'avaler, les intestins du chat ne sont pas fait pour le fil dentaire.


Le principe de précaution semble être le maître mot ici. Mais que cache-t-il ?
La volonté de contrôle ! Nous y sommes. L'américain a intégré dans ses gênes la domestiquation de la nature. C'est plus récent qu'en Europe, donc sans doute plus prégnant. Mais s'il a dompté la nature, il verse maintenant dans l'extrême, et la nature semble trop apprivoisée, comme « dénaturée ». Pourquoi craindre la nature ? Elle pourvoit à tout !
Luckily, une phrase fait écho en moi ce soir là, et alors que j'étais passablement deprimée, je me suis simplement autorisée à sentir ce que je sentais et à penser ce que je pensais au fond de moi. « L'adaptation est une chose, se forcer en est une autre. Si j'essaie de m'adapter à un environnement etranger à ma nature profonde, je ressens un conflit interne, mes désirs s'opposant à mes actions. » Alors plutôt que de m'auto convaincre que tout est parfait comme ça, jai eu l'honnêteté de reconnaître les choses qui ne me conviennent pas ici. Tout s'est dénoué.


                                                                                                                                                             EM

dimanche 3 mars 2013

SE RETROUVER : LA METHODE (1ère PARTIE)



Au secours, je suis devenue space cake-résistante ! Pensez-vous que c’est comme les antibiotiques ? On s’habitue à des doses de plus en plus fortes ?
Quoi qu’il en soit, après une séance aux impôts des plus éteignantes (je parle bien de lumière, celle de l’énergie vitale), je suis allée nager et j’en ai grignoté un, qui traînait dans le congélo d’un ami. Et quelques heures après, j’ai dîné avec cet ami, et j’étais juste parfaitement détendue, heureuse, sans peur, mais pas défoncée. Du tout. Même tout à fait normale. Pour ne pas être à jeun, je l’ai pris avec le goûter (et c’est la bonne heure), donc une sorte de Forêt Noire évoluée, un truc très chic, en terrasse, la belle vie, de quoi me remettre de cet univers étriqué par les peurs de manquer de tout, à laquelle je me suis confrontée cette après-midi. Bref, au moins, ces deux gâteau m’auront donné l’occasion de lâcher-prise, le magique, et le chocolaté. Un gars s’est arrêté à ma table, pendant que j’écrivais (l’inspiration est venue d’un coup !), me demandant : « Savez-vous que Jésus est avec vous, que vous pouvez le prier ? ». Avec un immense sourire, je lui ai dit : « Oui, je l’aime beaucoup. Témoin de Jéovah ? » « Non, me répondit-il, je suis un indépendant. Moi j’apprends aux gens à prier correctement pour avoir des résultats. » « Merveilleux, ai-je poursuivi. Cela vous rend-il heureux au quotidien, de parler avec Jésus ? » « J’ai des merdes, comme tout le monde, mais oui », m’avoua-t-il, désarçonné par ma question, lui qui était parti comme une mitrailleuse avec son prosélytisme maladroit. J’étais si détendue, que j’ai bien vu que ne pas l’envoyer chier, comme cela doit lui arriver dans 90% des cas, l’a réjoui, je l’ai vu dans son sourire. Que je discute normalement avec lui, sans me laisser entraîner dans son interrogatoire et réquisitoire. Il s’y prenait bien mal, le pauvre. Comme quoi, quand l’on veut absolument quelque chose, l’obsession nous détourne de ce que l’on pourrait avoir plus naturellement, sans forcer. Cet homme-là convaincrait bien plus sûrement en souriant aux gens, en leur montrant sa sérénité, en les laissant venir à lui. Là, il les fait fuir.
M’être assise à cette terrasse a été une excellent idée de ma part, car cela m’a permis de décompresser, de laisser venir l’inspiration, et d’écrire. Cela m’a permis de me retrouver. Oui, je m’étais perdue depuis la veille, dans trop d’organisation logistique, qui s’accroissait de manière exponentielle, à mesure que j’essayais de tout contrôler.
Se sentir bien, c’est tout d’abord faire ce que l’on sent. Cela rétablit l’équilibre immédiatement. Comme une chape de plomb qui se lève peu à peu. Quand elle est si lourde que tout est obscurci, on ne sait plus de quoi on a envie.
J’ai une petite méthode (mise au pont après tant de moments d’intense misère humaine, qui me foudroient ma joie de vivre en moins de 2 heures) pour revenir au monde, en cas de crise.
  1. Je m’isole un peu, jusqu’à ce que je sois en contact avec mon mal-être. Je ne l’ignore pas, ce mal-être, j’essaie de savoir ce qui l’a déclenché. Je ne prends surtout pas sur moi pour sourire à tous ceux que je croise. Le seul effort que je me permets, et en fait ça n’en est pas un, c’est de me soustraire au monde pour retrouver le mien. Je vais par exemple dans la nature (en ce moment, à l’Entre Deux, je vais souvent en haut d’un énorme manguier), ou marcher en ville, aller prendre un verre, mais seule. Lire une BD dans mon lit marche aussi parfois. N’importe quoi dont j’ai envie (même si je n’ai envie de rien, je procède par élimination, et fais ce qui me procure le moins d’irritation). Et là, miracle, à la terrasse de cette pâtisserie, je sens enfin ce que je dois faire de mes 2 prochaines heures et de mes 2 prochains jours pour retrouver ma joie de vivre et mon énergie vitale.
J’ai mis longtemps à comprendre combien il était important de me protéger, quand je suis dans cet état de tristesse, d’irritabilité, d’oppression vague…et que la porte est grande ouverte, que tout peu rentrer, et pas que le bon ! Comme une plaie à vif, le pansement protège des poussières et bactéries. D’ailleurs, avez-vous remarqué que c’est toujours dans ces états incertains que l’on croise son ex avec sa nouvelle copine ? Ou sa collègue de travail anxiogène, ou le voisin qui nous déverse ses peurs au moment précis où nous aimerions être rassurés ? Alors non merci.
J’émerge naturellement de mon isolement quand un état d’équité s’est fait en moi. Le conflit intérieur semble disparaître, résolu de lui-même par le simple fait de faire ce que j’ai envie de faire. Une impression de détente, de grand calme me submerge, et souvent, des gens imprévus débarquent. Alors que la nuit tombait, j’ai décidé de me baigner au clair de lune, et un jeune homme m’a accosté. Je parlais peu et ne souriais pas spécialement, mais ai eu une passionnante conversation avec lui, qui s’est poursuivi par de la séduction, sans ambiguïté. Il m’a confié être déçu d’être en couple pour ne pas pouvoir profiter de notre rencontre, comme s’il avait un coup de foudre, et qu’il était prêt à tout lâcher. Il était auteur, lui aussi. Amusant !
Après cette merveilleuse soirée, je me suis retrouvée : je vois l’avenir plus positivement !


                                                                                                                                           EM

vendredi 1 mars 2013

VIS TA VIE


Vis MAINTENANT ce que tu as envie de vivre, sans te soucier de ce que les autres pensent :
1        Tu ne sais pas ce qu’ils pensent au fond d’eux. Et tu serais sans doute surpris…
2        Si tu remets l’essentiel à demain, en arguant de toutes les choses que tu as à faire avant, ne te plains pas d’arriver à la retraite amer, sentant que tu as gâché la précieuse force de ta jeunesse.
3        Si tu vis pour les autres, sache que tu les rends aussi responsables de ton amertume, de tes frustrations… Porter ta négativité est toxique pour eux.
4        Ceux qui t’aiment vraiment te préfèrent quand tu es serein, épanoui, libre et responsable de toi-même.
5        Ceux que ton bonheur énerve ne sont pas bienveillants à ton égard, prends de la distance. Polluer l’autre par de la négativité est facile, mais stérile : c’est planter une graine mort-née.



Tu sais très bien ce qui est essentiel pour toi, libre à toi de le juger nécessaire à réaliser :
  1. Liste 3 choses essentielles à ta vie présente. 
  2. Préfères-tu être aimé pour ce que tu es ou parce que tu t’efforces toujours de plaire aux autres ?
  3. Plus tu es intègre, plus la vie est intègre avec toi-même. On ne ment pas à l’univers, bonne nouvelle !
  4. La vie te procurera naturellement les gens qui te conviennent pour t’entourer, sois sans inquiétude. La vie pourvoit à TOUT.
  5. Si tu n’es pas celui qui fait passer ses priorités en premier, trouves-tu logique le fait d’en vouloir ensuite à ton conjoint, tes parents ou tes enfants de ne pas l’avoir fait à ta place ? Honnêtement !
Le plus important, dans la vie :
  1. C’est de se sentir VIVANT (pas le robot à moitié mort qui ne sait plus pourquoi il se lève le matin et monte dans le métro)
  2. Tu as TA propre définition de ce sentiment de VIE. Nul ne sait pour toi.
  3. Nous sommes en vie pour nous réaliser. Non, pas pour souffrir, ça nous arrange bien parfois de le croire : le fatalisme est l’argument des fainéants.
  4. Se sentir à la bonne place, au bon moment, avec les bonnes personnes. Légitime.
  5. Avoir des moments d’intense bonheur : chaque jour. Pas demain. MAINTENANT.
                                                                                                                        EM

DEADLINE


Pourquoi fait-on toujours les trucs importants au dernier moment ? Avez-vous remarqué qu’une histoire d’amour se déclenche plus volontiers quand l’un des deux va partir (et plus c’est loin, plus c’est passionnel !) ?

Vue de l'avion quand je suis arrivée la toute 1ère fois à La Réunion : terre d'aventure.

La mort, qui marque la fin de cette vie terrestre, serait-elle donc aussi un formidable déclencheur de vie ? Sans mort, pas de fin, pas d’impératifs… l’échéance impose une certaine discipline, nous pousse à agir. Souvent, quand on a trop le temps, on ne fait rien. On pense qu’on l’aura plus tard, et plus tard, on pense déjà à quelque chose d’autre, qu’on n’honorera sans doute pas non plus…
Je pars de La Réunion, et un ami semble déçu que nous n’ayons jamais couché ensemble… « Plus que 48h, me dit-il, pour faire l’amour ». Un sursis ! Serait-ce de me voir partir qui le fera agir ? Il repoussait ce désir depuis bien longtemps, je pense que nous aurions pu coucher ensemble à de multiples reprises, mais que pour ma part, je me suis contentée de suivre le flot, sans jamais provoquer la chose. Et cela me convient ainsi. Je sais ce que je quitte. Tout ce qui arrive ici maintenant est un bonus, un petit extra que la vie me fait. Je n’attends rien.
Les départs sont des fins, des occasions de dire ou faire ce que l’on sentait depuis longtemps, ou de les taire à jamais… Ils réveillent en nous le réflexe néandertaliens d’urgence, avant qu’il ne soit trop tard. Qu’il est bon de vivre sans regrets !
La mort nous fixe le plus bel impératif qui soit : VIS !
Ps : et dans dead line il y a … dead !

EM (qui te dit : « vis, mon ami ! »)