Affichage des articles dont le libellé est CHRONIQUES D'UNE FRANçAISE EN AMERIQUE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CHRONIQUES D'UNE FRANçAISE EN AMERIQUE. Afficher tous les articles

lundi 22 avril 2013

EPISODE 23 : RAVEN HAUS

     Hier, j'ai eu la joie de déménager de Bisounours City à Berkeley, dans une fameuse Coop (Cooperative shared house, une colocation ). I live in the cupboard now ! Waow ! Et les vélos ont des licornes sur le guidon (ou recouverts de moumoute rose, au choix)

Les vélos sont décorés

     On ne pouvait pas faire plus contrasté, et révèlent une certaine schizophrénie des Etats-Unis, pour moi. Tant de différences d'un état à l'autre, et même au sein d'un seul état, je n'avais jamais vu ça. Il semblerait bien, que plus il y a de lois et de contrôles, plus la dissidence est forte. Voilà pourquoi la contre culture ici, est plus forte qu'en Europe, comme si les règles à transgresser étaient plus nombreuses... Je suis dans le berceau de la Beat Generation, et je peux vous assurer que c'est palpable. 
A Bisounours city, le ton est policé, très conventionnel, chacun a un jardin impeccable devant sa maison, chacun surveillant son voisin pour vérifier que son jardin a bien été tondu.

Big Brother is watching you

A Berkeley ? ça serait plutôt : FREEDOM et libre expression :


Oeuvre d'un des résidents
                                                   
     A Raven Haus : naturisme libre dans la maison et le jardin, non épilée (TRES impressionnant, moi qui ne suis pas une férue du rasoir, là j'ai trouvé mes maîtres ! ). Il y règne une liberté douce, faite d'acceptation de ce qui est, du corps dans son état naturel, et du respect de l'autre pour ce qu'il est. 

Projet de déplacement des toilettes des chats en  cours  dans une des salles de bain !
Ils ne manquent pas d'humour, dans cette maison.
                                                     
          Le repas hier soir m'a encore ébloui : au milieu des locataires se déguisant pour une soirée d'anniversaire, certains épluchent des légumes, tandis que d'autres sont nus dans le salon et s'entraident pour enfiler des robes à corsets des années 20. Un repas divin a miraculeusement apparu sur la table, autour de laquelle nous étions bien 12 au moins, paella végétarienne, potirons et noix rôties au four, chou fleur et carottes en salade, champignons frais dans une crème de soja au poivre vert... Tout est bio, vegan, et très sain, ce qui est très agréable, et évite les tentations habituelles de junk food.
     L'un a lancé la joke de réciter un bénédicité, et à simplement dit la belle chose qui lui était arrivée pendant la semaine. A suivi un tour de table, où chacun s'est exprimé. Tout est fait sur le ton du jeu, dans cette coloc. Ils ne se prennent pas au sérieux, et j'aime ça.  J'ai lancé un french toast (on a trinqué, quoi) : to the beautiful day who will never happen again ! Ils ont adoré (à moins que ce ne soit l'effet de cette incroyable machine : The Vaporizor ).
Cette machine permet de fumer un joint sans fumée toxique, en remplissant une poche plastique de la substance de THC pure, sans les goudrons. Oakland est réputé pour sa libéralisation du cannabis, chacun peut se faire prescrire de la marijuana par son médecin, pour les insomnies, le stress, les manques d'appétit dûs aux chimiothérapies, etc... que l'on va acheter dans une pharmacie, en choisissant quel type d'herbe on désire... Comme à Amsterdam.

Tant de contrastes ont de quoi bouleverser un peu la Miss Butterfly que je suis, mais j'ai décidé de suivre ce que les papillons me montrent... Au moment où j'écris cela, je vois un papillon blanc derrière le grillage de la cage à poule... je pense "zut, il est prisonnier", mais en fait, il passe à travers le grillage, et continue sa route... Bon présage ? Ils guident mon chemin quand je suis sur la bonne voie. A Bisounours City, je n'en ai jamais vu un, sauf dans la montagne.

                               

       Dans ma "chambre" à Raven Haus, la première chose que je vois, et cela a de quoi me frapper, c'est une carte du métro New Yorkais. J'ai l'impression depuis le début de ce voyage en Californie, que TOUT m'appelle ailleurs. New York est pour moi un des meilleurs souvenirs que j'ai, comme une impression d'être chez moi, dans une atmosphère vibrante de créativité, où tout me semble simple et familier. Ici, je suis sans cesse surprise, comme étonnée par ce que je vois, et que je ne saisis pas vraiment... Ce n'est pas chez moi, ici. 

Le chat de la maison se sent absolument chez lui, je présume
                                         
           Ce fut d'ailleurs la question du tour de table hier soir, j'ai demandé : what is home ?
To feel at home, c'est plus qu'un lieu, c'est une sensation difficilement définissable par les mots, c'est se sentir libre d'être soi même, c'est vivre avec une communauté dont on partage la vision de la vie, c'est une sensation située dans le coeur, plus que tout. That's the core of my trip... (j'ai écrit tripe !). C'est la motivation principale de mon voyage, et ce depuis quelques mois... Je suis sur la voie de mon chez moi, je suis le flot, sans faire intervenir mon raisonnement, c'est une sorte de voyage initiatique dans lequel je découvre les "homes" de différentes personnes. Je me sens parfois accueillie chaleureusement, comme ici, à Raven Haus, où les 11 habitants ont tous voté favorablement pour ma venue chez eux (à condition que je leur cuisine repas français !) et m'entourent de leurs bonnes ondes... je me sens vraiment bien avec eux, et deviens amie avec la plupart, qui veulent tous venir me voir en France.

Mon spot dans le jardin


         On passe sa vie à rentrer chez soi, n'est-ce pas ?
Le propriétaire du café Jumpin' Java, où je suis en train d'écrire, vient de me raconter cette annecdote : aux USA, les frites s'appellent des French fries. En 2003, elles ont été renommées Freedom fries dans plusieurs bars et restaurants, depuis que la France a refusé de voter pour l'invasion de l'Iraq par les forces armées américaines. Evidemment, les restaurants de Berkeley ont tous adopté le code, sans doute peu suivi dans des états plus conservateurs. La France garde son image de révolutionnaires prêts à s'insurger si la liberté est bafouée. Liberté Egalité Fraternité. It sounds GOOD, actually ! je remplacerais fraternité par LOVE, mais l'idée est la même.

                                                                                                                                EM


jeudi 18 avril 2013

EPISODE 22 : TE LAISSE PAS FAIRE !

    Aux Etats Unis, une certaine propension à exagérer les choses (la légendaire tournure emphatique américaine : it's crasy wonderful ! Or soooo terribly boring !), puis à faire des procès pour tout et n'importe quoi, rend les gens paranos, nerveux, suspicieux. Je me suis même demandée s'il y avait des caméras cachées dans l'appartement, et si oui, je pense que mes danses africaines nue dans le salon, ont du être fort appréciées à l'autre bout du monde. Mais ne nous emballons pas, que diable !

    Peut-on sérieusement se forcer à être autre chose que soi-même ? Et pour quel résultat ? IL EST IMPOSSIBLE D'ÊTRE AUTRE CHOSE QUE CE QUE L'ON EST. Face à un quelqu'un de très contrôlant et qui ne fait pas confiance, on aura toujours tort, et d'autant plus quand on essaie de faire de son mieux. Dont acte : FAIS CE QUE TU VEUX, de toute façon, il n'y a pas grand chose qui convienne à ce genre de personnalité, le mieux est qu'elle fasse tout elle-même.

Je sais qui je suis
Grâce à mon gobelet, les gens connaissent mon prénom
Oui, aux USA, on note votre prénom sur votre gobelet, un bon moyen pour  connaître les noms des gens  avec qui on ne parle pas au café.

2. Une fois qu'on a accepté de prendre le risque de déplaire, d'être jugé, TOUT s'éclaire, et devient plus fluide. On est  SOI, tout simplement. Et quand on fait de son mieux, ON SE SENT BIEN avec soi-même.

3. Comment résister aux attaques d'une personne avec laquelle on interagit, et qui tente son possible pour nous culpabiliser de tous les maux qui lui arrivent ?
         - ne pas rentrer dans le jeu, prendre du recul. 
      -  réaliser que ce n'est pas grave ! Avoir de l'humour, ça sauve la vie. Rigoler un peu n'a jamais tué personne, non ?! Être gai et léger, c'est une qualité, alors ne te laisse pas envahir par la négativité de l'autre, qui va essayer de te culpabiliser d'être égoïste ou de faire l'autruche.
       - ressens ta force et ton propre pouvoir :c'est ce qui détermine les limites invisibles qui te définissent. La meilleure des protections, bien mieux qu'une bombe lacrymo dans le sac à main, ou un gun sous l'oreiller.
      -  Si l'on est fâché, on peut CRIER, HURLER, COURIR dans la forêt, FAIRE des pompes, que sais je.. ? Ce qui  défoule, tout en laissant circuler cette énergie de CALI, située dans le ventre et les 2 premiers chakras, elle nous fait nous SENTIR PUISSANT. 
   -  Sentir que l'on est prêt à se défendre, car on est son meilleur ami, on s'aime, on sait s'occuper de soi, comme un bon parent. Non mais, et puis quoi, encore ?! On sert les poings, on est prêt à frapper, on le sent, on le visualise, on n'a rien à perdre, surtout pas notre dignité ! Mais je vous le dis, frapper, la plupart du temps, est inutile, et fais mal aux mains. Il est bien meilleur de dépasser la situation et sentir sa propre force, nous permettant de déplacer des montagnes .En profiter pour accomplir quelque chose qui nous tient à coeur. 


4. Tu es le professeur qui donne une leçon. Tu apprends quelque chose à l'autre, en refusant qu'il te "maltraite". Tu lui montre un chemin qu'il ne connait peut-être pas encore, et auquel un jour, dans une situation similaire, il repensera. Tu lui apprends aussi à se respecter, car ne pas respecter l'autre arrive à ceux qui ne se respectent pas eux-même. 

      Je suis rentrée de ma balade matinale remontée, énergisée, apaisée totalement par la justesse de ma colère. En passant devant la porte de la voisine, je lui ai jeté la belle fleur orange de la montagne, qui était dans mes cheveux, sans réfléchir, hop, comme ça, avec un grand sourire intérieur. Elle est tombée joliment sur son paillasson, en signe de paix.

     Faites comme moi, lancez des fleurs, c'est une arme impitoyable, aucune méchanceté n'y résiste !

                                                                                                                                               EM


mercredi 17 avril 2013

EPISODE 21 : A LA DECOUVERTE DE SANTA CRUZ

        J'ai eu une courte épiphanie hier, faisant une course dans la Baie des Casse-Noisettes, car une chanson m'a transporté ailleurs ! Tout s'est reconnecté en moi en trois secondes : livres, littératures, arts, écrire, créer, respirer : sourire ! Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii..... I was born for that and it s not going to change, SO. Je suis rentrée à l'appart pour écrire, un peu plus centrée. L'équilibre est précaire pour moi, ici. Je serai contente de quitter cette ville, mais j'ai décidé de me la jouer tranquille et de profiter au mieux des rares trucs que j'apprécie ici. Je passe mon temps dans les montagnes, et puis au Starbuck pour écrire (et dans la baignoire, avec ma panoplie d'huiles essentielles. ESSENTIEL !
Je cherche partout le titre de cette magic song, impossible à trouver. Je la chante dans mon rêve de cette nuit, puis au lever.

                                           
                                       

             Je décide d'explorer Santa Cruz, today. Situé au Sud d'Oakland, sur la côte, environné par de sublimes riantes et vertes montagnes. La ville, petite, me plaît. Très hipster de prime abord, très cool. Je m'arrête dans un café appelé The Verve, et c'est CETTE CHANSON qu'ils passent, celle que je cherchais! Le serveur me donne mon mocha au soy milk, et le nom du groupe : The Vampire Week End.


                                       

Special for U today, a minute of PURE HAPPINESS and JOY (surtout si vous pensez à zapper la pub).
La chanson :
ttp://www.youtube.com/watch?v=ZhdqfX44zUM


Santa Cruz, c'est ici :

                                             Voir la carte topographique des États-Unis

     L'émigration italienne, portugaise et anglaise y fut très forte, et donne un charme européen à la ville. Elle a une étiquette de ville activiste, et les premiers détails que je remarque sont : les gens amènent leur propre mug chez Starbuck (indice de la conscience écologique), il y a des clodos (homeless) partout, qui jouent de la guitare et ont plutôt l'air de vivre en bande, assez heureux.

                                           


             Tout résonne plus original et arty : la façon dont les gens sont fringués (original et très stylés, ça change des blondes en short et cheveux lisse, ou des babos de SF), les vitrines des boutiques sont des oeuvres d'art, des kiosques de healthy food un peu partout, de supers bars et restaus et trois ciné d'art et d'essai sur mon chemin. Conscience politique évidente. Amour de l'art et de l'expression personnelle.






         Qu'est-ce qui fait qu'un lieu nous plaît ? Nous touche ?
Pour moi, l'atmosphère change TOUT. Je ne suis plus dans un autre monde aujourd'hui, je suis dans le mien. Welcome back Em. Je ne sais pas si je vais rester ici. Je suivrais le flow, si une opportunité apparaît, j'irais.J'ai décidé de ne plus forcer, les choses qui doivent arriver, de toute façon, elles arrivent, n'est-ce pas ? J'aime que tout soit possible, car tout reste ouvert.
Pour l'instant, je vais RESPIRER le bon air arty de Santa Cruz.
                                                                                                                                         M





samedi 13 avril 2013

EPISODE 20 : THE MAGIC HOUSE OU LA COMMUNAUTE DE BERKELEY

             Faisant dorénavant partie de l'équipe de rédacteurs de Sling Shot, le journal activiste que j'ai découvert à Berkeley, j'ai passé la journée d'hier à travailler là-bas, sur la traduction d'un philosophe français et de son ouvrage Eloge de la démotivation, et sur mon nouvel article, traitant du mode de vie moderne qui déconnecte les gens d'eux mêmes.  Et ici, c'est FLAGRANT.

       J'ai pu enfin découvrir de l'intérieur la vie "alternative" californienne, en me liant d'amitié avec les onze locataires de la maison en bois traditionnelle dans laquelle habite l'amie journaliste avec qui je travaille. Ces maisons sont superbes, avec un jardin, et beaucoup sont habitées en collocation, sous forme communautaire. La nourriture est souvent achetée en commun, dans des coopératives biologiques, les loyers sont modestes : 300 à 1000 dollars pour une chambre, les repas sont pris en commun au moins la moitié du temps, une ambiance créative folle et démesurée habite le lieu. J'en ai visité plusieurs afin de trouver une chambre, je ne sais pas encore si j'ai envie de rester là, car il fait très frais à Berkeley. Je précise qu'un loyer normal pour un petit appartement à San Francisco ou à Berkeley, est de 2000 à 3000 dollars.

      Je passe donc d'un univers à son opposé, c'est totalement schizophrénique !

     De l'appartement impeccable, au confort matériel évident, sans une mouche qui vole, à une énorme maison fourmillante d'activités et de travaux picturaux en cours de réalisation, il y a UN MONDE... J'ai eu envie d'observer chaque objet comme si j'étais dans une installation d'art moderne, intriguée par les nombreuses portes et corridors cachés...  un film étrange, un univers parallèle... à des années lumières de Bisounours City et de ses habitants... à quinze minutes seulement
.
      Immédiatement, je sens qu'il y a de quoi faire un reportage photo, tant cette maison est représentative de la contre culture américaine, telle qu'on la trouve à Berkeley, Oakland, San Francisco, San Diego, Portland et de l'autre côté à New York. Mon amie journaliste a été ravie que je photographie sa demeure, dans laquelle elle dit se sentir en famille, beaucoup mieux, même ! Cela permet à tous ces jeunes entre 20 et 40 ans, de se loger à prix décents et de réinventer un autre type de cellule familiale. Ils sont étudiants (en danse contemporaine, socio, math, cinéma, littérature), travaillent dans le milieu social, prof, infirmier, diététicien ayurvédique, journaliste, ou en recherche de travail. Chacun est musicien ou plasticien, ou artiste... et expos, représentations, lectures, concerts, ont lieu ici, entre eux ou en invitant du monde. Toutefois, j'ai senti un respect de la tranquillité de chacun, et nous avons passé l'après midi à rédiger un article sans être dérangées. Je découvre que certaines chambres sont TRES sommaires, remettant en question toutes les idées que nous avons sur les américains, véhiculées par la TV...  Mais je vous laisse découvrir...

THE MAGIC HOUSE IN BERKELEY

                           
Le porche d'entrée, typique, sur lequel on se pose tranquillement en fin d'après midi, pour profiter du soleil, comme les voisins...
Vous voulez rentrer avec moi à l'intérieur ? attention, on pénètre dans une autre dimension...


Dès l'entrée, le ton est donné : ici, on JOUE. La collection de déguisements le prouve, ils adorent improviser des soirées à thème.
                         

Le premier salon
                                   

Et le deuxième salon : j'adore l'installation avec un vieux Leica sur la cheminée, digne des Surréalistes

Les détails au dessus des portes accrochent mon regard.

La 2ème cuisine, au premier étage, permettant de ne pas se marcher dessus.

La cuisine, où Dani prépare le repas pour les douze de ce soir, car quatre fois par semaine, ils font un roulement pour la préparation, puis partage le dîner ensemble. C'est une ambiance très cool et ouverte, où chacun se sert, puis lave son bol. Un vrai moment de partage joyeux et animé. J'aime cette liberté. Les repas sont VEGAN ( végétaliens) et respectent les allergies de chacun. Et vous savez quoi ? On a mangé DIVINEMENT BIEN hier. Bananes vertes frites, soupe, chou fleur rôti,  tempeh en curry avec du riz, sangria à la fraise.


Le BAKYARD, ou jardin donnant sur l'arrière. Typique, chaque maison de ville cache cette merveille, où poussent souvent des beaux légumes bio. Des cages à poules au fond, ainsi qu'un studio de musique avec un piano.



J'ai l'énorme surprise de découvrir que mon amie habite sous l'escalier, dans un placard. Le loyer est ridiculement bas, et cela lui permet de profiter de cette maison à moindre coût.

Elle me confie que je suis une des rares à rentrer dans sa tanière, car elle est très pudique. Je suis honorée de sa confiance, et épatée que l'on puisse VIVRE dans si peu d'espace. Il y a de la place pour un petit matelas, ainsi que ses vêtements accrochés au plafond. Vraiment très impressionnant. Elle a peint les murs de doux dessins poétiques.
 Elle a heureusement un espace bureau à l'extérieur, qui lui sert d'espace de travail.
Un des locataires avec sa collection d'instruments au mur. Sa chambre est vaste et confortable, le prix est calculé au prorata de la surface, de manière équitable.



Le deuxième étage... les lustres et l'architecture victorienne contrastent avec le côté arty...



Le salon rose.



Qui donne sur une petite porte magique... On monte l'étroit escalier ? C'est celui du lapin dans Alice au Pays des Merveilles, j'ai l'impression...
Et là : waow. Un vrai repère de pirates. Les cloisons sont faites de tentures indiennes, et tenez vous bien 5 personnes habitent in the attic (le GRENIER ). L'intimité ne doit pas être facile à trouver, mais apparemment, ils se débrouillent. 
                                       

On redescend par cet escalier rose, dans la cuisine rose !



La cerise sur le gâteau :
de la fenêtre, je découvre, amusée, que certaines se font des bains de soleil, tranquilles, à poil dans le jardin. C'est TRES Berkeley, et la philosophie de la maison est  claire : LIBERTAIRE. Naturistes, gay, hétéros, poly amoureux... Chacun est libre et le revendique avec fierté, sans aucun prosélytisme



Bon, voilà, j'espère vous avoir transmis un peu de mon enchantement...
Je suis sur la bonne voie ici... celle de la contre culture américaine, qui questionne l'american way of life basée sur le consumérisme sensé rendre heureux.
Et moi je suis HEUREUSE d'écrire là dessus, cela me passionne, et j'ai l'impression que la vie me fait le cadeau de vivre.. plusieurs vies ?!




                                                                                                                                            EM







vendredi 12 avril 2013

EPISODE 19 : COMMENT SORTIR DU GOUFFRE ?

    Ce vortex de vide et de peine immense qui m'a frappé de plein fouet dès la première seconde ici, dans la Baie des Casse-Noisette, je viens à peine d'en sortir. Comme lorsque l'on a un énorme mal de ventre, qui nous tord en deux et nous donne des sueurs froides, et bien, c'est seulement quand c'est terminé que l'on réalise à quel point c'est bon de se sentir bien. Là, j'apprécie la vie à nouveau. Bien sûr, beaucoup de paramètres rentrent en compte, qui sont indépendants du lieu. Mais ce passage éprouvant m'a laissé un cadeau sans prix : j'ai pu faire face à des choses qui m'entravaient, que j'avais mises de côté en partant à La Réunion, et que je suis assez forte aujourd'hui pour observer et accepter. En fait, j'ai ressenti ce que j'avais commencé à ressentir lors de ma session de Vipassana (méditation de 10 jours dans un temple boudhiste en Thailande, en silence total, sans livre et musique, un nettoyage au karcher pour les modernes que nous sommes, que j'avais trouvé bien rude). Et bien là, cela fut pour moi bien plus dur que Vipassana, mais le fait d'avoir tenu bon, m'a permis ENFIN de surmonter une peur IMMENSE que j'avais en moi ! Alléluia ! Je suis tellement contente, c'est comme quand j'ai eu mon bac ! Done ! C'est fait ! Je crois que c'est ainsi que l'on avance dans la vie (je veux dire, autrement qu'en gravissant les échelons de l'entreprise ou avoir une voiture de plus en plus grosse !). J'ai découvert un secret en moi (que je garderais bien secret !), qui est mon trésor, et me rend heureuse car je me sens complète avec cela. J'ai pris des décisions importantes et me suis engagée dans des choses qui me faisaient envie depuis toujours, mais que je n'osais pas réaliser. 

    Comment sort-on du gouffre ? C'est en m'observant avec soin et en notant les faits, que j'ai compris cela : la première chose à faire, lorsque l'on se sent mal, sans énergie, lymphatique, déprimé, fatigué, triste, désespéré, c'est de se poser la question suivante : " Qu'est-ce que j'ai toléré depuis sans doute trop longtemps pour me déséquilibrer ainsi ? ". Quelque chose qui ne me convenait pas, et cette contradiction à l'intérieur de moi entre ma raison (mais je DOIS le faire, je ne peux PAS faire autrement !) et mon désir vrai ( fais quelque chose qui te convient ) prend TANT d'énergie ! 
       Rappelez vous TOUJOURS ceci : 
même quand on se sent bien, que tout est parfaitement aligné dans notre vie, on doit CONTINUER à évoluer, bouger, et entendre ce qui nous attire. C'est ainsi que l'on KEEP IN TRACK. 
     Les rectifications de trajectoires, les mises au points avec notre entourage, avec nous-même, font parties de notre bien-être, et parfois, c'est juste une toute petite chose à dire à notre collègue, une chose à laquelle on pense presque tous les jours en arrivant au bureau ; on se dit que cela ne vaut pas la peine de risquer un conflit, alors qu'une fois cette chose dite, on se sent en meilleure forme, libéré, ressourcé, et les choses bougent. Pour le mieux.

                                                                                                                        EMILIE

Ps : Partager son désespoir avec des gens permet de le dépasser, quand ce sont les mots du coeur, alors cela guérit des deux côtés. Le désespoir permet l'humilité du message, et c'est ainsi que l'on peut vraiment partager, pas seulement pour déverser sa peine sans attendre que l'autre éponge tout. On partage car on se sent en lien avec l'autre, c'est cela qui nous reconnecte avec nous-même.


mercredi 10 avril 2013

EPISODE 18 : FAIS TOI CONFIANCE


          Le petit monsieur assis à côté de moi sur la « Shopping Plazza »- oui, cette ville toute artificielle qui diffuse de la musique de supermarché à toute heure du jour, possède en son centre un bijou de kistchitude : une petite fontaine avec des fleurs, très « dolce vita »... Mais aujourd'hui, tout est beau, je pardonne sa faute de goût au Dieu qui a créé cela, et suis contente que cela plaise à tant de monde : au moins, ça existe pour une bonne raison ! J'y suis assise au soleil. A ma droite, ce monsieur, 70 ans à vue de nez, peut être un peu moins. Mince, une casquette de papi, il a l'air bon. Un peu seul... Qu'attend-t-il, ici ?Il n'y a rien pour lui, nous sommes environnés de Sephora, d'un magasin de lingerie et d'autres boutiques de chaussures de luxe. Lui, on le définirait par le contraire de clinquant. Il a l'air si vulnérable et différent, posé là, dans cette « Shopping Plazza », où des écriteaux nous font la joie de nous annoncer que des « valets » sont là pour aller garer nos voitures (pour 7 dollars). Alléluia, Dieu est bon, il a décidé de garer nos voitures pour nous.
Ce monsieur, j'ai l'impression qu'il a conscience, que sa vie est derrière lui. Le monde manque tellement de sens ici, que l'on ne devrait pas avoir de questionnement métaphysique, sous peine de constat d'absurdité, ai-je envie de le rassurer. Son regard est plus profond que toutes ses vitrines étincelantes.


    Je sens qu'il m'observe discrètement, tandis que j'étends mes jambes sur le banc en pierre, et bois mon cappuccino. Il a l'air content que je sois là. Une bonne compagnie, en somme. Et en une seconde, mon cœur est envahi d'amour. Je me,sens proche de lui, sans même que nous ayons besoin de parler. Il est là, je suis là. Et c'est un moment parfait, où tout s'arrête. Je suis juste touchée par sa présence d'être humain. Il se lève et part vers son destin. Je pense qu'il rejoint sa fille et sa petite fille, que je vois au loin. J'aime bien cette famille, très humble, un peu à l'opposé de ces belles jeunes femmes toutes blondes aux cheveux longs, ultra minces et apprêtées, avec des talons et des sac de marque, de grosses lunettes de soleil et des paquets plein les bras, parlant si haut qu'elles couvrent la musique italienne.

     Mue par je ne sais quelle impulsion, je me dirige vers une boutique appelée « Au charme de Paris », un concentré de nappes provençales et d'assiettes bretonnes, assortie de torchons ornés de Tour Eiffel, de plaque de rues Parisiennes, et bien sûr Edith Piaf en fond sonore … Je sympathise immédiatement avec la vendeuse et propriétaire de la boutique, Nassima, algérienne vivant depuis vingt ans aux Etats-Unis. Je n'aurais jamais cru possible de parler de la guerre d'Algérie, de l'origine des pieds noirs, qui sont ils, d'où viennent-ils etc... ici... Ma mère était pied noir d'Algérie, et cela me parle si profondément... Elle savait tellement de choses, cette femme. Elle m'a répété plusieurs fois : fais ce qui te plaît dans la vie, you can do it ! Elle m'a offert un café, puis la carte ravissante que je voulais acheter, deux chats s'embrassant au clair de lune, me disant : celle là, garde la, ne l'envoie pas, elle est pour toi. « Chavalentin ».
Oh, comme c'est bon d'être reconnectée avec la magie de la vie! Discuter avec cette inconnue de l'importance des racines familiales m'a permis d'avancer, de savoir mieux ce que je voulais, et que si je ressens un appel pour la France et ma famille, il est bon de l'écouter sans tarder. La Californie sera toujours là, et surtout, New York sera toujours New York !

      Cette femme a un destin incroyable, riches diamantaires oranais, elle et son mari sont richissimes en Algérie, et ici, vivent juste confortablement, mais préfèrent nettement la liberté à l'aisance matérielle. Le commerce a toujours été transmis familialement, et elle m'a répété plusieurs fois que rien ne s'accomplit dans cette vie, que ce que l'on a en soi, prêt à éclore, transmis par des générations antérieures, et que l'on choisi de faire vivre ou non.
Cela me parle tellement. Hier, c'était l'enterrement de l'oncle de mon papa, Jean, et je l'aimais bien, même si je le côtoyais peu. Il avait écrit un livre de syntaxe sur le patois de sa région, et était connu pour son érudition littéraire. Et je réalise que mon autre grand oncle,Louis Paul, que j'adore, a fait des études de lettres, tout comme moi. Mon père est peintre et grand lecteur, artiste multi-forme, etc...

       Bouillonne en moi TANT de créativité qu'elle sort brute, n'importe quand, et je la laisse vivre au grand air. Je comprends d'où elle me vient, qu'elle couve depuis de nombreuses générations dans ma famille, et qu'elle demande à être embrassée pleinement. So I'm doing.
La seule façon d'avoir une réponse dans la vie, c'est d'avancer pas à pas, au fil de ses envies profondes, en faisant confiance à sa petite voix.

    Fais ton confiance, m'a dit Nassima avant que je parte, la clé est dans ton cœur.

                                                                                                    M'Hillie

mardi 9 avril 2013

EPISODE 17 : INSOUCIANCE SUSPECTE

Qu'est-ce que c'est, être heureux ?
C'est variable suivant les personnes, suivant les jours... pour moi, c'est être libre d'exprimer qui je suis, à travers l'art, les échanges, les relations amicales et amoureuses, avec ma sensibilité exacerbée...
Suivre sa voie, respecter sa forme initiale (si l'on force l'étoile à rentrer dans le carré, on casse ses branches, et réciproquement ; mais c'est plus glamour de s'identifier à une étoile !).
Plus on est dans une société régie par de multiples règles, plus il est difficile de vivre selon sa propre inspiration. La première raison est que cela dérange fortement, et qu'à la première frustration vécue, voilà que nous devenons l'ennemi à abattre. Et bien oui, l'insouciance et la sérénité énervent... Pour vivre heureux, vivons cachés ? 
J'ai assisté déjà à quelques pétages de plomb d'habitants de Bisounours, me servant un laïus sur l'importance du matériel dans la vie (le fameux Materialistic bliss), fondateur de l'american way of life, de l'american dream !  Mon charming lover est bien content d'avoir autant d'argent si jamais son hummer tombe en panne et s'il a un cancer, de se payer une merveilleuse chimiothérapie, etc etc... Et avoir une grosse maison en Californie c'est le rêve de tout homme sur la planète !
Il y a quelques jours, ce même-là, parfaitement reposé, me disait que j'apportais un souffle d'oxygène à Bisounours city, et que mes ondes féminines, douces et positives lui faisaient tant de bien. Il s'est excusé un peu après, arguant de son stress au travail, et de son sentiment de solitude immense. En fait, ça n'avait rien à voir avec moi, mais sans doute le remettais-je en question sans le vouloir... Oui, sans le vouloir, en fait, juste respirer déjà c'est sans doute trop, au cas où ça me décoifferait...
J'en ai assez de cette valeur unique de la vie : la possession matérielle via l'argent.  J'ai envie de rencontrer des gens bons pour moi, avec qui je peux échanger des messages, qui m'aident à continuer dans ma voie, contents que je réussisse, car cela les motive aussi, et inversement. 
La pression sociale et financière est plus importante qu'en France, ici. Ils travaillent plus d'heures, ils ont un exigence de services supérieure (après les serveurs et caissières américains si prévenants, qui ont tout leur temps, vous demande si vous passez une bonne journée, si vous voulez un peu plus de chocolat dans votre cappuccino, etc.., les serveurs parisiens vont sembler encore plus rustres !) 
Il faut dire que la vie ici n'est pas des plus faciles... Rien que pour prendre de l'essence ce matin, le pompiste me demande mon code postal, puis ma carte d'identité, et l'air très suspicieux, me dit qu'il doit appeler son manager, car les noms ne sont pas les mêmes. Je lui ai donc montré que les noms étaient similaires, qu'il y a avait un PRENOM et un NOM. Il a ajouté, "Oui Mamzelle, aux Etats Unis,c'est pas facile, c'est comme ça !".

Moi je me dis, s'il faut un formulaire juste pour faire le plein, on n'est pas sorti de l'auberge !

Les gens de Bisounours City me feraient presque oublier qui je suis ! Mes valeurs !
Quand cela me gonfle trop, un  je m'écoute Nat King Cole dans mon bain, avec un excellent bouquin, et je suis bien, en bonne compagnie.
Il est heureux et extatique avec la vie, ce mec, il m'enveloppe de sa voix chaude et sensuelle, et j'ai l'impression qu'il me parle à moi : "Im a shy guy"... Oh,yeah, babe, I d like top meet shy and smart guys like U !


                                                                                                                   EM

samedi 6 avril 2013

EPISODE 16 : BOUFFE ET TAIS TOI !

   Mon corps me sert de toise pour comparer les effets de la nourriture ici et ailleurs. Et je n'avais JAMAIS vu de tels changements, c'est à peine croyable ! 
Croyez moi ou non : j'ai grossi, je me reconnais à peine dans la baignoire ! Moi qui ne pouvait pas prendre un gramme depuis 7 ans, là j'enfle de partout ! J'ai les seins gonflés, sans avoir mes règles, mes cuisses ont pris du volume si bien que je ne rentre plus dans mon jean, et j'ai de la cellulite ! J'ai une petite bouée sur le ventre, comme il y a 7 ans avant que je ne fonde ! J'hallucine ! Mon visage est plus plein, photos à l'appui. En seulement 3 semaines.
   Les seuls changements notables dans ma diète (de voyageuse habituée à manger des nourritures très variées, mais toujours saines) : les yaourts, tous les jours. Je n'en avais quasi pas mangé depuis 7 ans. Je précise que je fais un heure de yoga intensif par jour et de la marche, et mange des quantités raisonnables, ni viande, ni gâteaux (rarement), ni frites, ni hamburger...

Je mange plus de produits laitiers et de fromage que je remarque particulièrement gras et industriel, bourré de mauvaises graisses, qui tâche le papier comme s'il était frit ! Alors je mangeais donc SI BIEN, à La Réunion ?! Incroyable ! 
  Mon menton s'est couvert de boutons blancs... Waow, ça faisait bien 10 ans que je n'avais pas tripoté un bouton ! La peau est un émonctoire, c'est à dire un organe de détoxification et de filtrage du corps, tout comme le foie. J'en déduis que j'élimine comme je peux les pesticides, hormones, et produits chimiques que j'ingère ici chaque jour, sans compter le Bisphénol du plastique, car TOUT est servi ou vendu dans du plastique. TOUT. Extrêmement rare de trouver un pot de conserve en verre, au supermarché bio. Je limite les dégâts, et me cuisine de bons petits plats comme d'habitude, avec les légumes bio que je trouve... énormes et parfaits, ils me laissent un arrière goût de doute...
Je note aussi que ma tendinite de la main gauche est revenue, cela faisait 2 ans que j'étais tranquille, et j'ai le nez pris la nuit, faiblement, mais tout de même... 
Voilà pour ma petite expérience corporelle et physiologique, qui n'a fait que confirmer ce que je pressentais déjà : les yaourts de vache consommés quotidiennement font gonfler. 

    On dit qu'il faut un cycle de 21 jours pour prendre une nouvelle habitude. Je dirais que c'est vrai, et que je pourrais vite retomber dans cette consommation irréfléchie de bouffe facile, au goût sucré salé gras, toute prête, disponible partout, de prendre la voiture plutôt que de marcher, de trouver un job ici et mener ma petite vie de consommatrice comblée... Et puis, un bond dans la montagne ce matin, et NOOOOOON ! Jamais je ne pourrais oublier tout ce que je sais ! 




   Je remarque que les adjectifs utilisés pour décrire la nourriture se réfèrent souvent à une idée de faute originelle, de pêché, de honte, de pas très catholique...  Les gâteaux sont souvent "décadents", "seriously rich chocolate cake", indécents, "outrageously rich creamy cake" : gâteau outrageusement riche et crémeux. La connotation marque un besoin de libération de la rigueur établie, et de "gros lâchage" .
Lâchage fort compréhensible, à dire vrai, quand on observe la chasse aux calories et l'obsession pour l'aspect extérieur, le corps comme une carte de visite de ce que l'on a à vendre. Ici, je pourrais être coach diététique JUSTE parce que je suis mince. Dans mes rencontres quotidiennes, on me renvoie souvent que je suis une publicité vivante pour les salles de gym. Pas franchement, mais je comprends tout à fait ce qu'ils me disent.

   Allez, ça m'a ouvert l'appétit... Si je me préparais une soupe outrageusement décadente,dégoulinante de légumes croquants à souhait, nappée d'un trait de lait de riz suave et onctueux, recouverte de flocons d'avoine délicieusement croustillants ? MMmmmmmmh ?

Santé ! A la vôtre !

                                                                                                                                                       EM


vendredi 5 avril 2013

EPISODE 15 : Mémé serpents a encore frappé !

           It's important to spend time with YOURSELF if you really want to know what you have to do in your life. YOU are the one who has all the information.
C'est sûr, passer du temps avec soi-même, dans le silence de la nature, aide à laisser émerger les vraies envies, celles qui donnent leur direction à notre vie. Tout ce que l'on a besoin de savoir se trouve en nous. Mieux que le psy, que les copines, que l'horoscope de Télé 7 jours...

      Nos désirs les plus enfouis se révèlent dans le monde qui nous entoure. Notre esprit les matérialise, en quelque sorte. Je me souviens d'une période de ma vie, à Lyon, où je ne voyais QUE des femmes enceintes, ou avec des bébés, et je pensais que c'était une sorte d'épidémie ! Je n'imaginais pas une seconde que c'était sans doute mon désir profond qui se matérialisait sous mes yeux ! Que vois-je en Californie ? La France ! Où que j'aille, on me parle de Paris, de cuisine française, de mode... Peut-être aussi que je n'ai pas envie de me plaire ici, pour l'instant. Sans doute que mon désir profond est d'aller me reconnecter à la source natale. Mon âme semble déjà y être, elle a fait le chemin avant moi il y a plusieurs mois, par le biais de Fideua, ma chatte chérie, my soulmate, comme je l'appelle. Depuis quelques matins, lorsque j'ouvre les yeux au réveil, je me crois dans ma chambre d'enfant ; il me faut souvent une minute pour me souvenir que je suis en Californie !
         
       J'aime les collines ici, car elles me font penser au paysage de Bourgogne.. voilà pourquoi je m'y sens bien, familière. Ma machine est prête à démarrer depuis pas mal de temps, et c'est comme s'il manquait une pièce. Une petite, mais que je dois remettre à sa place, et tout tournera mieux ensuite. Je ferai donc  les choses dans l'ordre, même si javais planifié mon futur proche différemment. J'ai UNE SEULE CERTITUDE: MON INSTINCT NE M'A JAMAIS TRAHI !  Et à chaque fois que je l'ai écouté, il m'a emmené là où je devais être.

     Les voyages, surtout ceux qui nous dérangent, servent à revenir avec un regard neuf sur son chez-soi.
Quand les synchronicités (Cf Carl Jung) s'expriment enfin autour de moi, je SAIS que je suis à nouveau sur la voie, que je LIS à nouveau l'univers avec confiance, que je ne suis plus perdue. Ce matin, marchant d'un bon pas dans la montagne, je me suis exclamée à haute voix, en pensant à l'appartement étouffant où je suis sensée loger : "Mais, Emilie, de toute façon, tu fais CE QUE TU VEUX !". Je l'ai senti avec évidence dans mon corps, et au même moment, deux petits papillons m'ont filé sous le nez. J'étais ravie, car la Miss Butterfly que je suis, n'avait pas vu l'ombre d'un de ses congénères depuis son arrivée, ce qui est exceptionnel, car ils m'entourent quotidiennement quand je vais bien. Il y en a un, encadré dans les toilettes, enfermé dans sa cage de verre lisse. L'image vernie du mouvement stoppé à jamais.

       Il faut souvent un peu de temps, avant de s'habituer à un nouveau lieu; et je pourrais m'habituer ici. Mais je n'en ai pas envie ! Je ne veux pas perdre de vue la simplicité de la vie que j'ai peu à peu découverte et menée à La Réunion, et retomber dans les vieux pièges, comme celui qui se remet à fumer à cause d'un gros stress.
    Au moment où j'écris ces lignes, confortablement allongée au soleil contre un chêne majestueux, une vieille dame " Florida style" m'interpelle : "est-ce que tout va bien ?" l'air inquiet et inquisiteur. Je lui réponds avec un sourire : " Est -ce que ça à l'air d'aller mal pour moi ? ", elle s'approche et me dit : "Oh, vous avez l'air merveilleusement relaxée. Mais, MY DEAR, vous devriez faire attention, il y a des serpents ici, dans la nature".
Observant son look immonde ( visière blanche, permanente impeccable, rouge à lèvre fushia, collier en or à grosses mailles, équipement de treck intégral pour faire trois pas dans l'herbe) et un air compassé, pas franchement inspirant, j'ai comme un doute sur ses bonnes intentions. Elle m'a déversé pendant 5 minutes toute sa paranoïa anxiogène, choquée que je lui réponde que je n'ai pas de portable (et pour cause, je me le suis fait voler au Starbuck !) Inquisitrice, elle m'a demandé si ma voiture était la rouge, j'ai répondu que non. Et oui, si jamais il fallait prévenir les secours... AU SECOURS ! Je l'ai stoppé avec un sourire, mais très ferme, lui disant que j'étais bien, que je n'avais pas peur, que je la remerciais pour l'info et que j'allais continuer à lire, si elle le voulait bien.
Je hais ce sourire faussement amical qu'elle m'a servi avec son : "Je ne veux surtout pas déranger votre tranquillité, mais...."
Vous savez quoi ?! Mon air paisible la faisait chier ! Non, ce n'était pas par gentillesse ou mansuétude, qu'elle me prévenait des dangers du monde environnant ! Non, car  mémé serpents, comme nous l'appellerons, sans doute très conservatrice, ne tendrait pas la main vers moi dans la rue, si d'aventure, j'avais réellement besoin  de son aide ! Oh que non ! Je les observe, toutes ces personnes d'un certain âge, bijoutées, chapeautées ( de visières blanches de golf, exclusivement !), de pantalons  à pinces, de grosses boucles en diamant, de maquillage clinquant... Ils évoluent dans un monde de contrôle, où les seuls étrangers qu'ils tolèrent sont les latinos qui font leur jardin et leur ménage. A ce propos, j'aimerais comprendre l'intérêt de posséder un jardin, si c'est pour qu'il soit impeccable, sans un brin d'herbe qui dépasse, utilisé UNIQUEMENT pour l'apparat, et foulé par le jardinier seulement.
Elle n'avait d'ailleurs aucune envie de bavarder avec moi, mémé serpent... Elle aurait pu, nous aurions échangé quelques mots sympathiques... Non, elle voulait que je partage la peur ambiante. Comme si c'était normal d'être allongée, dans la nature !!! Oh MY GOD ! Can you believe that ?! Yes, like that ! She was laiying down into the grass, as if she was in Eden ! What does she believe, this young person ? Is really life looks an Eden 's garden ?
La première chose qui m'est venue à l'esprit, quand elle a commencé son laïus, est : Sais tu que VIVRE, TUE?! (vieille salope, aurais je pu ajouter !) Elle symbolise bien la mentalité ambiante. Se délecter de la peur, en l'amplifiant à loisir... Et je n'ose pas imaginer si je regardais la TV... (de nombreuses chroniques perdues !)
Mémé serpents vote sûrement contre la présence des SDF en ville la journée, ça fait sale, quand même.

    Le regard que j'ai échangé avec un homme, qui faisait la manche à la sortie d'un parking, m'est allé droit au coeur. Il avait l'air si simple, si gentil, si perdu au milieu de la chaussée. Il m'a dit : "thank you sweet heart" quand je lui ai tendu un billet, et on échangé quelques mots. Je compatissais avec lui car la pauvreté matérielle doit être si difficile à vivre à Bisounours city, encore pire qu'ailleurs ! Ici, personne ne leur parle ; ils ne sont pourtant ni ivres morts comme à la réunion, ni hurlant des imprécations ! Personne ne les regarde : ils sont devenus transparents... Ils ne font plus partie de la catégorie des êtres humains, selon les lois en vigueur à Bisounours City : brushing, botox, lifting, maquillage, lunettes de soleil, décapotable, 3 cartes de crédit, un latinos dans le jardin etc...

    A l'heure qu'il est, le papillon ne s'est pas fait manger par un serpent, mais sera prudente... et saura se prémunir des potentielles langues de vipère !




                                                                                                                                        HEM HEM

jeudi 4 avril 2013

EPISODE 14 : UN REPERE DE DISSIDENTS

        Comment survivre dans ce monde de bruts ?
Grâce à la DISSIDENCE (il va sans dire... Clin d'oeil au dramaturge contemporain Michel Vinaver).
To be subversive saves me ! 

Qui veut jouer avec moi ?
                                         


    Loin de chez soi, hors de tous ses repères, rien qui ne nous rappelle à nous-même, la vérité se fait toute nue. Je garde au moins UNE CHOSE intacte : ma liberté d'esprit. Ce que je pense, c'est ce que je sens. Ce que je sens, c'est ce que je suis. RIEN ne peut me prendre ma légèreté de vivre, si profonde et si chèrement trouvée. RIEN ni ¨PERSONNE ne peut m'acheter. Tout comme le bonheur ne se trouve pas en boutique, dans Bisounours city. Je sais UNE CHOSE en observant tous ces gens avec des paquets au bras, ils n'achètent pas le bonheur. Je ne les envie pas, j'étais comme eux il y a dix ans, et je suis BIEN plus heureuse maintenant que je me suis LIBEREE de l'asservissement de la compulsion matérielle.
Chaque jour je découvre de petits fiefs de résistance, qui me permettent de reprendre mon souffle. Ainsi, The Sling Shot ( littéralement "lance-pierre") est un journal engagé, anarchiste même, existant depuis trente ans à Berkeley, découvert par hasard lors d'une virée dans cette ville universitaire, à 20 minutes en voiture de ma ville. Deux articles avaient spécialement touché mon coeur, intitulés "In the wild, we are FREE from abuse", et "Codependency and ( anti)-capitalism". J'ai pensé que j'avais envie d'écrire pour eux, et je me suis donc rendue au siège du journal, car le site internet indiquait une réunion pour l'édition de l'été. Je m'y suis rendue il y a deux semaines, et here we are ! Je fais partie de l'équipe ! Ils ont été très sensibles à ma vision de nouvelle arrivante et à mon esprit critique sur Bisounours City.


                                         

                  Là, je découvre un autre monde, les descendants des militants de People's park des années 70. Pour ceux qui ne connaissent pas, Berkeley a été le siège d'un engagisme puissant,contre la guerre du Viet Nam, contre la privatisation à outrance, pour la paix, l'amour, les droits de l'homme etc... Les gens de tous bords venaient prendre la parole dans ce parc du peuple, arranguant une foule ultra motivée, et aux idées contestataires. Autant dire que Berkeley et Oakland, qui sont limitrophes, ont une ambiance beaucoup plus démocrate, libertaire, intellectuelle que cette maudite Bisounours City, mais ont un climat bien plus frais. je vais finir par m'y trouver bien, à BC, vous allez voir... ( I m kidding !)




 
    Mon âme sait de quoi elle a besoin, elle me le crie même, en ce moment... Ma raison essaie de la faire taire un peu... mais n'est pas la plus forte ! Alors je fais ce que je dois faire ici, SANS ME COMPROMETTRE.
Vendre mon âme ? Vous croyez que ça s'achète ?
La mienne is PRICELESS,
because am a PRINCESS
qui jamais NE CESSE
d'EXISTER ! (même si ça ne rime pas !)

                                                                                                                                 AIME (EM, quoi !)

mercredi 3 avril 2013

EPISODE 13 : PARISS IS WONDERFULL !



         Je suis cernée par les boutiques, dénuées de charme car dénuées d'authenticité. Tout est plat et creux. La boutique à côté de ma table dans ce mall à ciel ouvert, vend de la déco d'inspiration « french old fashionned »; charmante, mais juste une mascarade : un bout de corail blanc, comme sur la plage de Saint Pierre atture mon regard... Je n'aurais jamais penser que cela puisse se vendre... 50 dollars... Quelques torchons « french », 40 dollars, en fait, tout ce qui fait un peu "french" est recherché. La boutique de chaussures en face de moi s'appelle « LANVIE ». L'orthographe importe peu, tant que ça sounds french !
Alors la question du jour : pourquoi les américains aiment-ils autant la France ? Et surtout, qu'aiment-ils vraiment de la France ?
Ils aiment l'authenticité de Paris, des français, des régions françaises. Pourquoi le french bread ( le pain ) leur plait-il ? Easy : car c'est du vrai pain, au levain, grosse miuche de campagne, contrairement à leur pain de mie industriel blanc, fade et sucré. Ils sont fans de la cuisine française, mais ce qu'ils aiment, en fait, ce sont des aliments qui ont du goût, et non pas noyés dans une épaisse sauce barbecue ou mayonnaise insipide... Le tout aseptisé, tout lisse, tout parfait, au bout d'un moment, ça lasse... On a envie d'un supplément, et pas de ketchup, mais d'âme. Un simple supplément d'âme, qui donne vie à toute chose. Un vieil objet dégotté à la brocante, qui a vécu, nous transporte avec lui. Le châle en crochet que ma mamie s'était tricotté il y a quarante ans pour se tenir chaud le soir devant la TV, je le porte fièrement dans le métro new yorkais, et c'est lui qui m'a valu une belle rencontre avec quelqu'un qui a sû apprécier mon style personnel...

       Ici, dans ce monde aseptisé, je recherche l'eau pure, comme un poisson privé de sa rivière... je prends des bouffées d'oxygène où je peux et dès que je peux. Une discussion un peu moins compassée de quelques minutes dans une boutique, une balade dans la montagne, un café au soleil, un bon roman, une conversation téléphonique avec une amie... C'est tellement peu en comparaison de ce que je reçois d'habitude, dans ma vie ! Mais je sais prendre ce qui se présente !
     Hélas, ressurgissent surtout des sensations parmi les plus éprouvantes de ma vie, lorsque je me suis retrouvée seule dans une grande ville, à 18 ans, venant de perdre ma mère d'un cancer, et me sentant malheureuse de cette vie qui ne me convenait pas. J'ai réussi peu à peu à regagner ma liberté et ma joie de vivre, et le paquebot voguait naturellement. Je suis maintenant à bord du radeau de sauvetage, regardant les bribes de ma joie de vivre s'éparpiller autour de moi, sans que je ne puisse rien retenir... Tout se délite... Où aller pour retrouver ma joie ? Vite, un endroit authentique, qui me permettra de recharger mes batteries, pour organiser le type de vie qui me convient !

         Une vieille dame passe devant moi et je souris en pensant qu'il y a sans doute encore pire qu'ici. Elle a le style "Floride". Visière blanche, rouge à lèvre fushia, permanente blanche impeccable, collier en or clinquant, une canne, sac à main assortis aux chaussures, la mine sèche et contrite, l'air dur, mais « très convenable »... Oui, en Floride, je tiendrais probablement encore moins longtemps ! ça me fait tellement olaisir de savoir qu'il y a pire ! ça me fait éclater de rire ! Mon dieu, que j'ai de ressources en moi, je ne souhaite cette expérience à personne, lâchée ainsi dans cette ville centre commerciale, sans connaître personne, sans rien comprendre aux codes, dans une résidence pour personnes âgées, qui proposent des snacks au chat que je garde... 

      Tout me paraît faux ici, car dénaturé. Coupé de la vérité. Consommer à outrance est s'éloigner de son moi intime, c'est remplir compulsivement le temps, le ventre, les placards, en attendant que quelque chose d'intense arrive... la mort ? Ou pour l'oublier ? Pour ne penser à rien ? La maintenance du matériel acquis tient donc lieu de vie ? Ben alors moi, je n'ai pas de vie possible ici, étant donné que je me suis débarrassée de tout ce que j'avais, et nullement dans l'intention de remplir à nouveau à raz bord ! Je ne plaisante pas, si je n'ai rien à acheter, il n'y a aucun sens à habiter ici, puisque c'est LA SEULE actvité possible, hormis le travail, qui laisse si peu de temps aux américains. Un directeur de spa avec qui j'ai partagé un repas de manière spontanée, m'a confié qu'il est effaré par le mal-être des gens qui viennent se faire masser et dorloter à prix d'or chez lui. Il me dit que leurs corps sont épuisés, qu'ils ont TOUS mal au dos, comme si c'était normal, qu'ils ont TOUS des problèmes de sommeil, qu'ils ont TOUS des soucis digestifs... etc... Leur niveau de stress est élevé, dû aux nombreuses heures de travail, au peu de vacances ( 1 à 2 semaines par an pour la plupart), à la pression sociale : garder la face quoiqu'il en coûte, de payer les factures, les assurances santé, auto, maison... la peur de tomber malade et de ne plus pouvoir assurer toutes les charges... Cercle vicieux.

      Je suis d'autant plus épatée par la capacité qu'ont les gens ici à arborer une sorte de sourire plaqué, une voix tonitruante pour dire que tout va bien, et un tel appétit pour manger et boire toute la journée.
Donner du sens à la vie... n'est ce pas le plus important de tout ?
La chose que je trouve belle ici, est leur image du couple et l'importance qu'ils donnent à la vie familiale. Le couple est vu comme un partenariat, où chacun travaille au bien être de la relation. Bien entendu, ils n'échappent pas au côté « fake » dans leur communication. Chez pas mal de couples, le manque de mots vrais transforme le mariage en grosse machine à faire tourner, coupée de tout amour sincère et de désir spontané. Il se transforme en vitrine qu'il est de bon ton de présenter propre et sans traces de doigts. Une gentille épouse mince et souriante, tenant sa maison parfaitement, des enfants énergiques inscrits dans une bonne école, un mari travailleur et solide, qui s'écroule le vendredi soir dans le canapé avec la certitude qu'il accomplit sa tâche. L'image d'épinal est là, devant mes yeux ébahis, déniaisée par les feuilletons américains regardés de loin en loin à la TV. Ce monde-là, je l'ai maintenant sous les yeux, j'ai peine à le croire vrai ! C'est donc vraiment comme cela, les Etats Unis ? Pourquoi New York ne m'a pas fait cet effet là du tout ? J'y ai vécu un mois idyllique... et ne je ne retrouve aucune vibration, même à San Francisco...

      Je dis avec ferveur : en France, ne perdons pas cette authenticité qui fait notre marque de fabrique ! Ne privatisons pas tous les services publiques ! Ne laissons pas les chaines de fast-food remplacer peu à peu nos petits troquets charmants ! Gardons nos fromages qui puent, plein de bonnes bactéries, qui nous rendent résistants aux microbes ! Gardons notre diète équilibrée basée sur les légumes et un peu de tout, de bonne qualité... 
J'ai acheté une salade bio au supermarché, le lendemain de mon arrivée, le 6 mars. Croyez moi ou non, je l'ai retrouvée au fond de mon grand frigo, intacte, ce matin. Trois semaines au frigo, et elle n'a pas bougé. Qu'en pensez-vous ? Moi, cela me dégoûte. Tant de conservateurs, d'hormones, de pesticides pour transformer le produit pour qu'il reste extérieurement présentable, au détriment de ses qualités intrinsèques de végétal, parfait comme il est... Alors qu'en déduire ? L'aspect extérieur compte-t-il plus que tout ? Est-ce la règle en vigueur aux Etats-Unis ? Un sourire parfait, un maquillage couvrant tout, une politesse exacerbée, des rapports de voisinage faits de cartes, de boîtes de chocolats échangées, du sport pratiqué uniquement pour se fabriquer des pectoraux ou des cuisses de déesse... Les fruits sont énormes et de couleurs vives, mais sans goût..
Cette ville est un énorme gâteau à la crème.
Au secours, par ici la sortie !

                                                                                               The french EM