Affichage des articles dont le libellé est CHRONIQUES CINEMA. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CHRONIQUES CINEMA. Afficher tous les articles

jeudi 19 février 2015

WHIPLASH, plus qu'un film, une expérience à vivre !

Film électrisant sorti en 2014, réalisé par DAmien Chazelle. Whiplash, c'est un coup de fouet, en anglais, ceux que va recevoir Andrew, 19 ans, virtuose de la batterie, étudiant au conservatoire de Manhattan. Il souhaite intégrer l'orchestre du tyrannique professeur Terence Fletcher,  qui réunit les meilleurs éléments de l'école. Alors qu'il pense l'avoir séduit, le professeur le rabaisse et l'humilie en public. Fletcher ne cesse de souffler le chaud et le froid, partisan de la violence psychologique. Son sadisme pèse sur la vie sentimentale du jeune homme qui commence une relation avec la jolie Nicole. Finalement batteur du groupe, il prend tous les risques pour arriver à temps à un concert... Un jeune batteur intègre le conservatoire de New York, le Shelter, la meilleure école du pays, rien de moins, et l'on va suivre sa progression dans ce milieu si exigent, face à un prof complètement fou et tyrannique, mais musicien doué. 

                                              

Bref, ça c'est le pitch. Pour l'expérience transcendentale, et bien allez-y, vous comprendrez. On me l'avait chaudement recommandé ( merci Jéjé), mais j'hésitais, pas envie d'un film bateau sur le monde élitiste de la musique jazz avec morale bien catholique, genre faut en chier pour y arriver. Au contraire, c'est un film jouissif, qui électrise, énergise et transmet beaucoup d'émotions fortes. Partout où il est passé, les spectateurs ont eu du mal à rester assis sans bouger, et à ne pas jouer avec leurs mains. Moi, perso, j ai joué de la batterie sur mon voisin ( héhé, il n'en pouvait plus), surexcitée, pendant tout le film, en me tordant les mains et en retenant mon souffle pendant les moments de concerts, plein de tensions. Car la tension est énorme, mais pour Andrew, la batterie,c'est toute sa vie, et il veut se faire SA place. Sa détermination m'a inspirée. 
Après, quelle est la morale ? Apprend-t-on mieux dans l'humiliation ? Bien sûr que non, pour ma part, je pense que le talent n'a pas besoin d'être maltraité à ce point, et surtout, que cette condescendances que le prof a avec ses élèves, vient de sa frustration à ne pas avoir "réussi" lui-même à devenir un musicien reconnu et à rester un professeur.

Mais je n'en dis pas plus, courrez-y, en VO please, it's AWESOME !

dimanche 18 mai 2014

FILM Elle cause plus... elle flingue FILM de Michel Audiard, 1972

Annie Girardot incarne la « princesse », maffieuse avertie, régnant sur un bidonville de Champigny sur Marne, qui à l'aide de ses serviteurs dignes d'une cour des miracles, "synthétise", dans une machine qui joue la samba, tous ceux qui lui tombent entre les mains ( flics si possible !). Elle règne sur son petit univers de malfrats, menant grand train de vie dans son palace, buvant le thé servi par son majordome, et jouant de la harpe avec les commissaires qui viennent enquêter ( Bernard Blier, Darry Cawl, grandioses).


 Film complètement barré, hallucinatoire et très drôle, servie par une Annie Girardot sublime et décapante, vêtue par Karl Lagerfeld, qui s'est permis toutes les excentricités sur cette Bonnie qui n'a pas besoin de son Clide. Elle ne parle pas, sauf pour hurler : "Patins !" à quiconque entre chez elle, à cause du parquet ciré, mais n'hésite pas à tout faire sauter à la dynamite si ça ne tourne pas comme elle l'entend.


GENIAL, à voir d'urgence si ce n'était déjà fait, et car les dialogues d'Audiard, décidément, sont EXCELLENTS.

                                                                                                                                                     EM

mercredi 2 avril 2014

Jimmy P. ou La psychothérapie d'un indien des Plaines et réflexions sur la psychanalyse

      Excellent dernier film d'Arnaud Desplechin, sorti en 2013, loin des univers franco-français universitaires auxquels il nous avait habitués, l'action se passant aux Etats-Unis après la seconde guerre mondiale. Il a quand même gardé son acteur fétiche, Mathieu Amalric, dans le rôle de Georges Devereux, ethnologue français, psychanalysant Jimmy Picard, un indien Blackfoot, qui semblerait avoir gardé des séquelles d'un accident de guerre, l'handicapant de migraines insupportables. Sauf qu'au fil de cette conversation ininterrompue entre les deux hommes, l'histoire intime de Jimmy va émerger, le libérant peu à peu des filets dans lesquels elle le retenait prisonnier sans qu'il le sache. Quel espoir intense nous submerge, à suivre les progrès mutuels de ces deux hommes, qui finalement deviennent amis. L'Indien se reconnecte avec ses racines, et Devereux l'aide à exprimer sa relation étrange aux femmes, en remontant aux 1ères de sa vie : sa mère, sa soeur, sa petite voisine qui aimait se faire tripoter... Et à comprendre combien ces histoires apparement anodines, l'ont influencées dans sa vie d'adulte. Nul concept plaqué dans ce film, la méthode de Devereux étant à l'image de l'homme : libre, fantasque et sympathique. Nul tentation de sombrer dans la déification freudienne du thérapeute, qui saurait tout mieux que son patient, la devise de l'ethnologue étant : " vous êtes celui qui vous connaissez le mieux dans cette vie". 
Le respect profond du thérapeute pour son patient est sans doute est à la mesure de l'aide qu'il peut lui apporter.

                                                            


 C'est cette bienveillance absolue de l'écoutant qui permet à un individu de recoller peu à peu tous les petits bouts de  lui. Ceux qui ont fait une analyse, avec un thérapeute digne de ce nom savent de quoi je parle ! 

En effet, l'humain est doué de parole, c'est sa particularité. Les mots permettent à sa pensée de se construire, autant qu'ils émergent d'elle. Aligner les mots, les souvenirs, les rêves, déceler les analogies, les liens, les contradictions, faire remonter les détails qui se révèlent finalement fondateurs de notre personne, et tout cela devant le miroir que nous tend une autre individualité, c'est la puissance de l'analyse. Oui, parler régulièrement à un individu qui nous aide dans notre chemin de connaissance de nous-même, nous permet de devenir la personne que l'on sait être au fond de soi. De libérer les blocages afin de renouer avec son potentiel personnel, celui que chacun possède à sa naissance, reprendre contact avec sa joie, son énergie vitale... la "cure de parole",  selon les termes de Freud, sert à cela.

Parce que cela se passe aux USA, la psychanalyse semble naturelle, beaucoup plus décomplexée qu'en Europe, même à l'époque, c'est dire !
Le psy ne serait-il point comme une esthéticienne de l'âme ? Qui nous rend de plus en plus beau, sans les vilains points noirs incrustés ? On en ressort avec une peau claire et éclatante. Les impuretés nettoyées. Et pas besoin que ça dure vingt ans, please ! Une durée limitée est gage d'efficacité, et ceux qui disent le contraire ont sans doute des intérêts financiers peu avouables, à garder leurs patients dépendants pendant parfois plusieurs années !



La parole est la connexion la plus forte, peut être, entre les humains. Elle rend notre esprit palpable.
Elle peut aussi l'obscurcir, en s'emballant. Une séance réussie est celle où les mots ont coulé spontanément, où ce qui avait à être dit ce jour-là a pu l'être, et a pu vivre en dehors de nous. Un extériorisation salutaire. Pour faire une analyse efficace, il faut déjà en avoir envie. Vraiment. Ne pas reculer devant le grand inconnu de honte, de vulnérabilité, de tabous, tapi au fond de soi. Car il s'avère qu'il est un ami, et même une part de nous fort utile. Faire face à soi-même, dans la plus grande nudité, sans fard, sans artifice. Et puis un jour, on sent que la page est tournée, que l'on peut arrêter l'analyse, que l'on a franchi un cap. Pour recommencer une analyse des vingt ans après, peut être... il n' y a que vous qui fixez les règles. Moi j'aime bien penser que je peux m'offrir ce supplément d'âme comme je l'offre un massage ou une coupe chez le coiffeur...


Le but du jeu ( de la vie ) n'est-il pas de relier tous les morceaux du puzzle pendant le temps imparti ?

                                                                                                                                                             EM

vendredi 3 janvier 2014

IT'S A WONDERFUL LIFE de FRANK CAPRA, film US en noir et blanc de 1946.

   What a wonderful movie !

   C’est définitivement LE film à voir à Noël et pour les fêtes (ou pendant les cyclones, comme  hier soir pendant que Bejisa ravageait grave !) Attention, ce film rend heureux et donne espoir en la vie ! A réserver uniquement aux gens que vous aimez beaucoup !

                                                   


   Extraordinaire chronique de la vie de Georges Bailey, interprété par James Stewart (le géant, à tous les sens du terme), qui a grandi dans la petite ville de Bedford Falls, non loin de New York, et qui, en cette nuit de Noël 1945, a plus envie de se suicider que de manger la dinde. L'ange Clarence est missionné pour le sauver, et ainsi peut-être gagner ses ailes. Flash-back sur  l'enfance et la vie de Georges, sur tout ce qui l'a conduit jusqu'à ce désespoir. Belle réflexion sur les choix professionnels et amoureux que l’on fait dans la vie, sur les rêves que l'on met de côté, et aussi sur ce qui compte vraiment au terme d’une vie.

    L’enthousiasme et la spiritualité américains, de ceux qui croient en la vie, en l’amour, pour qui aimé et être aimé, construire une famille, être généreux et gai, est finalement le seul but valable de la vie, bien plus qu'une réussite financière. Grâce aux déboires que notre héros rencontre, il va relativiser sur la valeur de ce qu’il a accompli dans sa vie, souvent sans même s’apercevoir à quel point il avait aidé d’autres autour de lui.

« Celui qui a des amis n’a pas raté sa vie » lui dit l’ange, au travers d'une dédicace sur le roman de Tom Sawyer, qu'il lui laisse comme un clin d'oeil… La richesse n’est pas celle de la possession matérielle, elle est celle de celui qui a le cœur empli d’amour et d’affection, et qui en reçoit tant en retour. Au pays du capitalisme en pleine émergence, Capra a toujours intimé une pensée positive et une réflexion profonde sur la société des hommes à ses films.
  Celui-ci a bénéficié du plus gros décor jamais réalisé en studio. Du grand grand art.

 YES, LIFE IS WONDERFUL ! EVEN MORE IN 2014 !

Always trust your angels, they are here for you. Just ask them ! 
                                                                                                                                                           EM


jeudi 14 novembre 2013

COPACABANA de Marc Fitoussi

Sorti en  2010. Un film qui donne de l'espoir aux inadaptés du monde moderne !


       Une merveille pure de réjouissement, attention, vous risquez de réveiller vos voisins tellement vous riez fort (enfin, si vous êtes comme moi) !
Babou (fantastique Isabelle Huppert), légère, fofolle et généreuse, n'est pas un modèle de réussite sociale. Elle est un peu à côté de la plaque, parle fort à la bibli et son meilleur copain est joué par Luis Régo, c'est dire. Elle habite dans un appartement coloré, à Lille, et a une fille de 22 ans (Lolita Chammah, sa propre fille dans la vie), étudiante sérieuse de Lettres. 

   Laissez vous emporter par la folie de Babou, contagieuse, qui n'est en fait qu'un refus du conformisme bête et con, et par son appétit pour la vie, parfois bien rude pour les doux rêveurs comme elle, un peu inadaptés.

Imaginez quand, pour redorer son image de marque auprès de sa fille qui va épouser un jeune cadre dynamique, celle-ci accepte de un travail à Ostende qui consiste à vendre des appartements luxueux en Time Sharing. 

   Rien que pour les scènes où elle découvre ce nouveau milieu commercial mesquin et intéressé, le film vaut le détour, avec un sommet pour les scènes jouissives avec sa coincée de collègue avec qui elle est obligée d'habiter.


   La réussite du film tient dans la subtilité du monde évoqué, aucun des personnage n'en fait jamais trop. Ce n'est ni exagéré ni cliché, ça sonne TELLEMENT JUSTE, que c'est pour cela que l'on rit autant.

   Des Babous, dieu merci, y en a plein, ( je me suis fort reconnue dans ce décalage constant entre le monde performant commercial, et le monde poétique où le temps ne compte plus).
Parce qu'au final, ce qui compte le plus... c'est encore de vivre comme on a envie de vivre... semble nous dire la dernière scène du film (mais surprise, vous verrez, c'est incroyable !)

                                                                                                                                                     EM

                                                     

vendredi 1 novembre 2013

BLUE JASMINE de WOODY ALLEN Attention chef d oeuvre !

     Waow, the last Woody is ABSOLUTELY AMAZING !
   Jasmine, belle blonde "classy" new yorkaise, interprétée par une Cate Blanchet à fleur de peau, vient habiter chez sa soeur à San Francisco, après le désastre matrimonial et financier qui l'a dévastée. Et pour cause, elle était mariée à un "Madoff" en puissance, qui la trompait et trompait son monde dans les affaires. 
Le fossé qui sépare Jasmine du genre de vie que mène sa soeur est abyssal. Elle va devoir faire face à la dure réalité d'un autre monde que le sien.
Mais tout serait trop simple si le film énonçait une évidence : que la vérité dans le couple permet une vie plus douce, par exemple, ou que l'amour fraternel et familial est plus fort que tout. Non, tout est ici balancé au spectateur, qui ne peut que suivre Jasmine sur son navire, secoué par des tempêtes toutes plus énormes les unes que les autres. Et que penser ? Qu'elle n'est qu'une snob de la Vème avenue, incapable de s'intéresser vraiment aux autres ? Que sa soeur ne sort qu'avec des minables avachis devant des matchs, leurs bières à la main ? Finalement, peut-être que sa soeur est plus heureuse avec ce genre de gars, car ils lui correspondent ? Et Jasmine ? Est-elle heureuse de se marier avec un homme qu'elle connait à peine, juste parce qu'il lui permet une vie fastueuse et bien classique, en sécurité sur un paquebot de luxe ? Que veut nous dire Woody ? Sa narration est une réussite, alternant flash back et scènes actuelles.

                                    blue-jasmine_jasminejpg

    La force de ce film réside dans la qualité de l'interprétation de Cate Blanchet, qui reflète l'intériorité tourmentée de cette si "superficial and selfish girl" avec tant de vérité que l'on ne peut que s'identifier avec elle. Les lieux sont filmés avec brio : New York et San Francisco, avec plus de réalisme que ses derniers films (Barcelone ou Rome étaient idylliques, ici, on a une image plus "juste"). On revient à des films intenses des 80's comme Interiors ou Manhattan, avec le glamour et le stupre d'un Match Point.
Woody semble s'être interrogé sur la notion de "fake" and "true". Du vrai et du faux, à l'image des diamants que Jasmine reçoit en gage d'amour. Que veulent-ils dire si elle est constamment trompée ? Que recherche-t-elle dans sa vie ? Juste à acheter des robes Chanel et à recevoir dans leur immense appartement ? Et les différentes classes sociales ne peuvent-elles pas se côtoyer ? Est-ce si difficile d'avoir de vrais rapports quand un couple a une maison de vacances dans les Hamptons et l'autre un appartement loué dans un quartier populaire de San Fran ? La vie se résume-t-elle à cela ? Sommes-nous SI conventionnels ? Seriously !

    Ce film donne une leçon, très rude, sur les choix que l'on peut faire dans sa vie, sur la confiance que l'on fait à l'autre ; et l'on sort en se disant qu'il est peut-être préférable dans la vie, de (ne!)compter (que!) sur soi.
This movie is just...... WAOW ! Pour moi, grande fan de Woody, un de ses meilleurs, et pas des plus légers.

                                                                                                         EM (who is still in NY and San Fran)

samedi 13 avril 2013

PORTLANDIA, série américaine déjantée



        Petit coup de coeur pour l'esprit complètement barré de cette série, se situant à Portland, Oregon, une ville américaine a la philosophie spéciale, plutôt alternative, créée et jouée par un couple de comédiens qui n'a peur de rien. C'est surréaliste et l'humour tient dans l'absurdité des situations, toujours justement observées des habitudes américaines. ça ne se prend pas au sérieux... Plein de saynètes s'enchaînent, entre le vendeur gay et la vendeuse de la librairie féministe, tous deux psychopathes avec leurs clientes ; au couple qui commande du poulet au restau, mais veulent connaître la vie entière de l'animal, afin d'être sur qu'il a été bien traité, et cela dérape : ils se retrouvent à visiter la ferme puis a devenir des adeptes du fermier, guru new age!!! Bref, Parangons d'une autre Amérique, moins centrée sur le consumérisme et l'argent, plus cynique et critique,  et de vous télétransporter à Portland, jetez un oeil, ça vaut la peine, et c'est A mourir de rire !

    Un bémol tout de même dans l'aspect récupération commerciale de cette manière de vivre, car finalement, leur site est promotionne par des marques de fast food sans aucune éthique : cherchez l'erreur...

http://www.ifc.com/back-to-portlandia/#welcome


                                                                                                                                               EM

mardi 9 avril 2013

LES FEMMES DU 6ème ETAGE de Philippe Le Guay ( 2011)


     Imaginez le décor : un immeuble parisien cossu dans les années 60 ; un notaire à la vie grise et convenue joué par un Fabrice Luchini délicat, marié à Sandrine Kiberlain, débordée par de futiles mondanités qui constitue sa vie, se prend d'amitié peu à peu pour la bande de bonnes espagnoles qui logent dans les combles de l'immeuble, au 6ème étage, donc.  Il découvre leur vie, simple, sans confort, et après leur avoir fait déboucher les toilettes, suite au coup de gueule sans peur ni remords de Pilar ( les bonnes sont toutes interprétées par les actrices fétiches d'Almodovar,  merveilleuses de justesse et de panache), elles l'adoptent dans leur bande joyeuse et familiale, car il n' est pas dit que des espagnoles exploitées par leurs patrons vont s'arrêter de vivre le soir ! Vive les paellas, les chants et les danses. Ce qu'il aime chez elle, Luchini ? leur courage et leur fierté. Tout est dit. Elles, au moins, ne vendent pas leur âme au diable, elles savent ce qui est important. 
J'ai tellement ri et aimé ce film, que je pense le regarder à nouveau un de ces soirs.
Il est PLEIN d amour, de joie, et de subtilité. Un bémol pour les enfants, très mal joués, mais on s'en fiche, on ne les voit que peu. Quel film FABULEUX, et sans prétention aucune ! Un peu barré ! Quelle leçon de vie ! Oui, la joie n'est pas dans le confort matériel, Oui, Luchini est ravi d'avoir enfin sa liberté et d'agir comme bon lui semble. OUI, la dignité de ces femmes prête à réfléchir. Alors trois fois OUI ! Si vous aimez l'accent espagnol, les atmosphères parisiennes des années 60, si vous voulez une dose de BUENA ENERGIA, faites vous le plaisir de regarder ça… 

                                                                                                                                                                                                 EMILITA

                                                                    


mercredi 13 mars 2013

VEGUCATED documentaire activiste

Great documentary :Part sociological experiment and part adventure comedy, Vegucated follows three meat- and cheese-loving New Yorkers who agree to adopt a vegan diet for six weeks. Lured by tales of weight lost and health regained, they begin to uncover the hidden sides of animal agriculture that make them wonder whether solutions offered in films like Food, Inc. go far enough. This entertaining documentary showcases the rapid and at times comedic evolution of three people who discover they can change the world one bite at a time.






Intéressant documentaire suivant 3 volontaires "viandards", décidés à devenir végétaliens, sous la houlette d'une jeune américaine elle-même VEGAN convaincue. 
C'est instructif, pour ma part, ça ne m'a pas appris grand chose, si ce n'est me conforter dans l'idée que l'on se VOILE UN PEU TROP LA FACE avec le traitement des animaux en abattoirs, et que ça fait du bien d'être en phase avec soi-même, et de manger de manière éthique et consciente.
PAIX sur la terre pour : les carottes, les patates, les chèvres, les chats, les cochons, les enfants, les femmes, les arbres, les rivières, les poules, le cul des poules pondeuses etc etc...
AND I MEAN IT !

ps : à voir sur le site, en passant par Netflix, et à faire acheter à votre CDI, Médiathèque,grand-mère, etc...

EM

mercredi 24 octobre 2012

DANS LA MAISON de François Ozon


Quelle maîtrise ! C’est le premier mot qui me vient en sortant de ce film, grandiose, par l’aspect réflexif  de l’acte créateur du romancier.

                             

Le cadre est étrange, on a l’impression d’évoluer dans une banlieue résidentielle américaine (alors qu’il se déroule bien en région parisienne), avec des pavillons aux jardins proprets, et un père de famille qui joue au basket avec son fils, habillé de l’uniforme du lycée ( on se croirait dans Gossip), sans oublier de commander des pizzas à manger devant la TV, assortie d’une mère blonde et belle, s’ennuyant langoureusement devant des magasines de décoration, attisant le désir de l’ami du fils. Cet ami, Claude (superbe et déroutant de sérieux Ernst Umhauer), lycéen de 16 ans, est le narrateur pervers de cette histoire. Pour s’introduire dans la maison de Rapha, il devient son ami, et observe les faits et gestes de cette famille de trois personnes, «  de classe moyenne ». Il relate cela dans des rédactions journalières, sous forme de feuilleton, à son professeur de français, interprété par un Luchini brillant, tout en nuances et en véracité. Le professeur devient « accro » à ce feuilleton. Mais tel est pris qui croyait prendre, le spectateur avec.

Les tiroirs de cette histoire enchâssée démultiplient les possibilités, et le spectateur est traité au même titre que le professeur. Etonné, amusé, intrigué… Oui, pourquoi cette fascination pour la vie des autres ? Pour cette « maison » ?
Le cadre n’est qu’un des nombreux clins d’œil d’Ozon à tous ses maîtres, d’Hitchcock avec Fenêtre sur Cours, aux feuilletons TV actuels, aux plasticiens (la femme du professeur, K. Scott Thomas, tient une galerie d’art moderne, un régal pour les yeux que cette expo porno, avec ces poupées gonflables à l’effigie de Hitler), aux auteurs, sans cesse cités (Flaubert, Dostoïevski, Céline…).

La photo est sublime, les fonds colorés et le choix méticuleux des objets rappellent le travail d’Almodovar.
Un film passionnant car il interroge le processus de création littéraire, et plus précisément la naissance de l’inspiration, par l’observation d’autrui… Cela ne suffit pas, il faut du talent aussi ! Et F. Ozon en a, la mise en abyme du cinéaste, plus voyeur que démiurge, est fascinante !
GO FOR IT !

jeudi 11 octobre 2012

TOMBOY


TOMBOY
De Céline Sciamma, 2011
J’ai beaucoup aimé !
On suit pas à pas un jeune garçon de dix ans, appelé Laure.
Le trouble de l’identité masculine ou féminine. Car Laure, nouvelle arrivée avec sa petite sœur dans une cité arborée, répond « oui » à la question « T’es nouveau ? », puis logiquement, à « comment tu t’appelles ? », improvise « Mickael ». Laure s’habille en garçon, porte les cheveux courts, et cela semble lui aller parfaitement. La petite Lisa tombe amoureuse de lui/elle,le mensonge s’enferre. Difficile de revenir en arrière.

La photo est sublime, les fonds aux couleurs douces, bleu garçon, rose fille, vert forêt, révèle l’aspect gracile des corps encore un peu dans l’enfance, qui s’allongent, étirés, secs, mais remplis d’une énergie vitale. L’essentiel se lit dans les yeux bleus délavés de Mickael, son torse aux seins pas encore développés, qu’il ose montrer nu, pour faire comme les autres, lors d’une partie de foot… les archétypes de la masculinité sont résumés de la manière la plus naïve : cracher par terre. Ceux de la féminité aussi : se maquiller outrageusement. Laure paraît totalement déguisée en robe. Elle est plus elle-même en short et débardeur, ses cheveux courts et son air renfrogné.  

C’est un superbe film sur les enfants, filmé à hauteur d’enfant, avec leurs mots à eux, à l’opposé d’un film populaire à la Choristes, où chaque dialogue est bien  léché et les sourires figés ; ici, place à la spontanéité, cueillie comme par enchantement, petit miracle de fraîcheur juvénile, qui nous ramène instinctivement à nos dix ans.

Avec la même boîte en cœur pour les premières quenottes…






Emilie Jullin

vendredi 22 juin 2012

Films comparés


DE ROUILLE ET D'OS

Le film de Jacques Audiard, de Rouille et d’os, dévoile un monde bien pessimiste. Sur la forme, impeccable, comme d’hab’, scénar et plans puissants (de la veine de De battre mon cœur s’est arrêté). Malgré la puissance des images d’Audiard et de son sujet, la vision du monde y est parfaitement négative. Pas d’échappatoire, les emmerdes s’enchaînent sans aucune compréhension de la part de ceux qui les subissent. Compréhension qui serait pourtant salutaire pour leur évolution. Depuis la scène du début, la bagarre en boîte de nuit, où Stéphanie, Marion Cotillard, excellente, est assommée par un coup, sans explication, en passant par les scènes de combats de rue suicidaires auxquels participe Ali, jusqu’à la sublime balade entre père et fils dans la neige, qui se termine en tragédie, on se dit : « là, c’est too much ».
La vie amène son lot de tourmentes, pour tout un chacun. Mais ce qui nous arrive a un sens, n’est-ce pas ? Sinon, la vie serait juste une fatalité, sur laquelle on n’a aucune prise… Je n’ai pas pris plaisir à regarder ce film. Il n’y a pas de vraie compréhension de ce qui se passe. Les personnages subissent, et le réalisateur ne remet rien en question, il semble avancer à tâtons dans ce magma glauque et auto-destructeur.
Les quelques scènes que j’ai aimées, sont celles d’amour, vrai, pur et animal, entre Stéphanie, handicapée, et Ali. Quand il la porte dans ses bras, alors qu’elle se traîne discrètement aux toilettes, rampant sur le sol, et le priant, honteuse, de ne pas la regarder. Eclat d’humanité qui transcende tout le reste. Les mots crus que Stéphanie lancent, quand il vient la voir juste après son accident, qui la prive de ses jambes, et qu’il ouvre les fenêtres : « ben, quoi, ça pue ? C’est moi qui pue, je pense… » La rencontre humaine, dans toute sa trivialité, émerge alors. Accepter l’autre dans sa vulnérabilité, dans la vérité du corps.
Mais la laideur des scènes de violence m’a heurtée, et le film m’a laissée un goût amer. Me tirant vers une vision de la vie qui n’est plus la mienne depuis longtemps, et que je suis heureuse de ne plus partager. J’ai beaucoup fermé les yeux pendant la projection, me demandant pourquoi je m’imposais ce spectacle.


TYRANNOSAURE

Tandis que l’extraordinaire Tyrannosaure de Paddy Considine, mettant en scène la rencontre inopinée entre Jospeh, alcoolique violent (Peter Mullan, sublime), et Hannah, bon cœur, femme battue par son mari, apporte un souffle de vie et un plaisir immense. La photo grise, d’une Ecosse austère, tirant sur le réalisme du Dogme, ne nous épargne aucun détail sordide. La différence que je vois entre les deux manières de traiter le sujet, est : que fait-on des épreuves de la vie ? Les feux films montrent exactement le même type de relation : un homme violent et dévasté, seul, pauvre, en perdition, qui rencontre une femme d’un niveau social plus élevé que le sien, qui visiblement a plus de facilités dans sa vie, et qui va pourtant devoir l’aider à surmonter des difficultés. Le traitement en est pourtant très différent. Quand Joseph tue son chien involontairement, par un coup de pied, de rage d’avoir perdu un pari, l’injustice sans appel de la scène, est contrebalancé par la subtilité de sa prise de conscience. Ce qui est fort chez Considine, c’est qu’il emmène le spectateur à comprendre AVEC Joseph, que violenter cet être qu’il aimait plus que tout, est se détruire lui-même. Il ne reste pas dans sa posture de victime, il évolue lentement. Jusqu’à ouvrir son cœur à Hannah. Elle, vivant le martyr avec son mari, dans une relation perverse, lui demande de l’aide, et même s’il est bousculé dans ses habitudes, il l’aide. Et c’est l’histoire d’une entraide, prouvant que l’on se sort de tout, avec un peu d’amour. Ce film ouvre une porte, libère quelque chose de positif, malgré la pesanteur du propos.
Certes, il y a plus gai, et pour chacun des deux films : âmes sensibles s’abstenir. Ce n’est pas parce que quelque chose existe, que je dois la regarder, n’est-ce pas ?
                                                                                                                                               Emilie Jullin

samedi 5 mai 2012

SUPERSIZE ME


Les obèses du documentaire de Morgan Spurlock, Supersize me (2004),  restent imprimés dans ma rétine comme le soleil quand on le fixe. Peut-on réellement s’enfiler 3 ou 4 gobelets de 2 litres de coca par jour ? Et passer le reste de la journée à pisser… un full-time job que d’être obèse !


Ce documentaire est amusant, j’ai aimé son côté spontané et dynamique. Un pari fou et en même temps parfaitement stupide, aux conséquences prévisibles, que se lance ce trentenaire athlétique de New York, compagnon d’une chef végétarienne : manger trois repas par jour chez Mac Donald pendant un mois entier.

 J’apprécie le côté militant du geste, qui ne cherche pas à montrer autre chose qu’une évidence : cette malbouffe empoisonne mortellement.

Spurlock, réalisateur et protagoniste de son film, donne de sa personne, avec concentration et détermination, sans jamais se départir de son humeur, et en semblant se régaler par moment, ce qui est encore mieux ! Il devient complètement accro à cette nourriture grasse et sucrée. Suivre le processus de contamination du début à la fin est instructif, on ne peut nier l’évidence : ce n’est pas la quantité qui fait grossir et dérègle le corps, c’est le type d’ingrédients et leur capacité à rendre l’homme addict. Il prendra 11 kg en tout et aura des complications au niveau du foie. Sa constitution de base est excellente : ses analyses sont celles d’un individu exceptionnellement en forme, disent les trois médecins qui le suivent. Sa silhouette se métamorphose en 15 jours : son ventre devient mou et flasque. Et surtout, son humeur, son expression de visage, tout reflète l’apathie et la déprime. Il a un regain d’énergie et de bonne humeur à chaque fois qu’il avale à nouveau un hamburger, signe de la vraie addiction. Pourtant, une heure après l’ingestion, il se sent fatigué et à nouveau, ressent la faim. Physiologiquement, rien de plus simple : il fait grimper le taux de sucre dans son sang et a des pics d’hypoglycémie.


Il explique à la fin qu’il a mis 14 mois à se désintoxiquer et revenir à son poids normal. Rendez vous compte ! Un enfant de deux ans à qui l’on donne du coca dans le biberon, que l’on commence à gaver de cheese burger et de ketchup, ses cellules sont tellement baignées là-dedans, comment serait-il possible qu’il retrouve le goût originel de la nature ? Il est falsifié de l’intérieur, son instinct détourné et intoxiqué.

Il prêche une ultra convaincue, mais est utile. Profs, montrez le à vos élèves !
                                                                                                              EM

jeudi 19 avril 2012

Shame et Pranzo Di Ferragosto / Cinéma comparé

          Deux films d'un univers radicalement différent, et pourtant, tous deux montrent l'intimité, dans ce qu'il a de plus charnel (le sexe et la bouffe, la beauté de la jeunesse et la décrépitude de la vieillesse).

         Le lent, long, lyrique Shame (2011) de Steeve Mac Queen nous laisse pénétrer (sans mauvais jeu de mot), dans celle de Brandon, consultant  comme avec les femmes. Le début donne le ton : cadrage étrange, les têtes sont coupées (à moins que ça ne soit encore un coup du projectionniste calamiteux du Rex, et oui, à La Réunion, on est loin de ces considérations esthétiques, n'est-ce pas ?!), et le plan séquence dure assez longtemps pour ne rien perdre de la plastique superbe de Michael Fassbender (extraordinaire) urinant, nu. On rentre de plein fouet dans sa crudité. Il évolue dans un monde d'artifice, celui de la grande ville, ou tout n'est que prétexte à la suractivité, au divertissement, tout... sauf l'authenticité de l'humain. Même le sexe, propos majeur du film, pourtant juste un symptôme de son mal-être, est coupé de ses racines profondes. Vidéo pornos sur internet regardées compulsivement et coup d'un soir rapides, surtout sans se parler. 

         On découvre sa relation avec sa soeur (chanteuse sur le fil du rasoir... au suicide répétitif ) par hasard. Pas d'indices ne peuvent nous dévoiler qu'il s'agit de sa soeur et pas d'une petite amie quelconque. "C'est pas nous qui sommes mauvais, c'est d'où on vient" lui lance-t-elle pour le dédouaner de sa honte d'avoir été surpris en train de se masturber. Le coin du voile se lève doucement, on entrevoit l'évidence : de quoi a-t-il été coupé petit ? Qu'a-t-il vu, vécu, subit ? Le film ne traite pas de ça. Brandon a besoin de fuir cela, au contraire; alors il court. Sublimes scènes de jogging le soir dans NY, sur la musique de son Ipod : les Variations Goldberg, et les vitrines qui défilent. Clin d'oeil au Marathon Man avec Dustin Offman, et ce besoin viscéral d'évacuer la tension par l'effort. Car il vit dans une boîte, descend sous terre pour aller dans sa boîte de travail, s'enferme dans les toilettes pour se masturber compulsivement (comme la course ), pour se caler devant son écran en rentrant chez lui. Quelle vie déshumanisée ! En perte de repère, loin de la nature, de SA nature profonde. Perdue. Et quand les sentiments surgissent avec sa jolie collègue;  il ne supporte pas la vraie intimité, et paralysé, honteux, ne pouvant bander, il préfère payer une prostituée pour avoir sa dose de sexe mécanique. Faire l'amour est trop intime pour lui. Il préfère le sexe.


          Avec Le déjeuner du 15 Août (2008) de et avec Gianni di Gregorio point de sexe, ça serait nettement moins glamour qu'avec Fassbender, moyenne d'âge 90ans ! Le film nous invite dans le quotidien de Gianni, célibataire de 50 ans vivant dans un grand appartement à Rome avec sa vieille mère. Il se retrouve avec 4 autres vieilles dames que leurs fils laissent à Gianni. Car en Italie, les fils s'occupent de leur mère, avec un sens de la culpabilité délicieux. Et l'on rentre dans l'intime des gestes de toilette, de cuisine, de la vie simple qui s'écoule. Faire des courses, éplucher des patates. Le film nous enveloppe dans une chaleur humaine qu'on n'a pas envie de quitter, à l'image des vieilles qui font un caprice pour prolonger le séjour. Car la vie en fait, c'est quoi sinon les rapports humains ? Se toucher, rire, s'embrasser, se disputer, se regarder, se fuir, manger... les personnages sont ancrés dans la vie par leur appétit. Tout tourne autour des menus.
Péché de chair contre la bonne chair. Fuite vaine de l'intime qui vide la vie de sens pour Mac Queen contre promiscuité italienne bruyante et conviviale pour Di Gregorio.

         Quel bonheur de passer d'un univers à l'autre.

                                                                                                                                                  EM